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La maison en pan-de-bois

La maison en pan-de-bois
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Novembre 2015
Couverture souple à rabat
Format : 14,8 x 21 cm
112 pages
150 images

Nouvelle collection « Clefs du Patrimoine d’Alsace »

ISBN : 9782362191213

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10,00 €

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L’habitat en pan-de-bois compte parmi les richesses du patrimoine architectural de l’Alsace, jusqu’à former désormais l’une des facettes de son identité culturelle. Des Vosges du Nord au Sundgau et du piémont viticole aux berges du Rhin, plusieurs milliers de maisons et de fermes édifiées dans les villes
et les villages témoignent du savoir-faire séculaire des charpentiers.
Elles se distinguent des bâtiments en maçonnerie par le jeu graphique de leurs ossatures de bois, dont le dessin varie notamment selon l’époque de construction et le terroir.

Cet ouvrage propose de porter un regard nouveau sur l’architecture urbaine et rurale en pan-de-bois et ses principes constructifs, en profitant des apports récents de la dendrochronologie et de l’archéologie. Il embrasse une histoire longue de sept siècles, débutant au XIIIe siècle pour s’achever au cours des années 1900, qui voit l’abandon progressif de « cet art de construire » traditionnel. À travers trois périodes chronologiques sont exposées les différentes manières de bâtir en pan-de-bois, les innovations et les permanences, ainsi que la richesse des techniques d’assemblage et la grande variété du décor sculpté.

Les figures des différents artisans qui, du bûcheron au menuisier, participent au chantier de construction sont passées en revue dans un chapitre spécifique, complété par un lexique des principaux termes techniques.

 

 

Introduction
Bref historique des études sur la maison en pan-de-bois en Alsace

Chapitre 1. Du bois au pan-de-bois :
les usages et les métiers
Les usages du bois
De l’arbre à la poutre : les métiers du bois
La dendrochronologie, un outil pour dater
Les artisans et le chantier de construction
Des outils à la trace
Les principes constructifs de l’architecture en pan-de-bois

Chapitre 2. Les maisons en pan-de-bois
du Moyen Âge (fin du XIIIe - début du XVIe siècle)
Les maisons à ossature à bois longs (fin du XIIIe - milieu du XVe siècle)
Les maisons à ossature à bois longs segmentés et l’abandon
progressif des ossatures à poteaux de fond (fin du XIVe - milieu du XVe siècle)
L’évolution des pièces de contreventement et des assemblages au Moyen Âge
Les ossatures à étages superposés de la fin du Moyen Âge
(avant le milieu du XVe - début du XVIe siècle)
La Stube lambrissée de style gothique

Chapitre 3. Les maisons en pan-de-bois
de l’Époque moderne (XVIe - milieu du XVIIe siècle)
Des bâtiments ruraux à bois longs et/ou à poteaux faîtiers
Les maisons urbaines
Un exemple de conception hiérarchisée d'une façade en pan-de-bois
au XVIe siècle (Ribeauvillé, 47 Grand'rue)
Le décor sculpté des façades
Le décor peint de la maison

Chapitre 4. Les maisons en pan-de-bois dans leur territoire
(milieu du XVIIe - début du XXe siècle)
L’évolution de la construction en pan-de-bois en milieu rural du milieu
du XVIIe siècle au milieu du XIXe siècle
L’habitat en pan-de-bois à l’épreuve des règlements sur la construction
au XVIIIe siècle
La variété des maisons en pan-de-bois
Du pan-de-bois traditionnel à l’image de la maison alsacienne

Conclusion
Orientations bibliographiques
Lexique

... Le chêne, dense et dur, fournit des bois assez courts, parfois noueux et courbes, mais capables de résister à de fortes charges et aux attaques fongiques et bactériologiques, aux insectes xylophages et aux intempéries. Il est donc privilégié, en particulier, pour les supports isolés (poteaux*), les sablières* murales et les chambranles* de fenêtres saillants. Le chêne est également employé en menuiserie, pour réaliser des lambris intérieurs.
Les arbres conifères comme le sapin et l’épicéa, qui fournissent des troncs droits et de grande hauteur, sont des bois tendres relativement faciles à tailler. Leurs aires de répartition recouvrent les massifs de la Forêt-Noire et des Vosges. Ces essences sont privilégiées pour façonner des pièces comme les poteaux de fond, les solives* de plancher*, les pièces de charpente, les planches, les lattes, etc.

... La dissociation de chaque niveau de la maison (étages et combles) constitue l’une des innovations techniques les plus importantes de la fin du Moyen Âge dans le domaine de l’architecture en pan-de-bois. La mutation, amorcée timidement dans la première moitié du XVe siècle, s’accélère après le milieu du siècle. On assiste alors, au moins dans les villes, à l’abandon des ossatures à bois longs et au développement massif des maisons à étages superposés. Ainsi, les ossatures des étages et des combles sont empilées les unes sur les autres par étapes distinctes.

... La Stube est une pièce de séjour entièrement revêtue de bois. Seul espace de la maison à pouvoir être chauffé, elle est équipée d’un poêle en céramique. Le lambrissage des parois et du plafond permet de renforcer l’isolation et contribue à créer une atmosphère chaleureuse. C’est la pièce qui semble avoir fait le plus tôt l’objet d’une séparation propre au sein de la maison. Au cœur de la vie domestique, elle occupe une place de choix : habituellement implantée au premier étage, elle donne sur la rue, en s’étendant parfois à toute la largeur de la façade. Lorsque la maison est à l’angle de deux rues, la Stube occupe cet emplacement privilégié. Vouée à une diffusion et à une pérennité remarquable en ville comme à la campagne, la Stube est caractéristique des maisons de l’aire d’influence germanique.

... Le Pays de Hanau est un secteur privilégié pour l’étude des loggias. Présentes sur les pignons de nombreux logis ruraux, il est possible de suivre leur évolution sur près d’un siècle et demi à partir de la fin du XVIIe siècle. Se distinguant des formes traditionnelles communes à l’espace alsacien, une variante spécifique apparaît sur ce territoire à la fin du XVIIIe siècle : il s’agit d’une loggia double comprenant deux niveaux superposés, placée en encorbellement dans le pignon du logis orienté sur la rue.

Inventaire du Patrimoine de la Région Alsace Florent Fritsch, Olivier Haegel, Jérôme Raimbault
Pôle d’Archéologie interdépartemental rhénan :
Maxime Werlé
Ingénieur dendrochronologue :
Burghard Lohrum

Photographes : Bernard Couturier, Jean Erfurth, Christophe Hamm, Frédéric Harster, Claude Menninger.


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