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Givet

Givet
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Novembre 2015
Couverture souple à rabats
Format : 11 x 22,5 cm
68 pages
55 images

Collection Parcours du patrimoine n°399

ISBN : 9782362190506

Porte de France

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7,00 €

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Au croisement de la Meuse et de voies terrestres, dans l’ancien diocèse de Tongres-Maastricht (Liège), Givet fut d’abord une résidence d’un de ses plus célèbres évêques, saint Hubert, patron des chasseurs. Au milieu du Moyen Age, l’agglomération comportait deux pôles de part et d’autre de la Meuse, encore bien présents de nos jours dans le paysage : l’un dédié au commerce, dominé par l’église Notre-Dame, l’autre, un castrum comtal au plan semi-circulaire, autour de l’église Saint-Hilaire.

 Pour faire face à l’expansion française, Charles Quint y fit édifier la forteresse de Charlemont à partir de 1555. Après son rattachement à la France en 1680, la place fut unifiée par Vauban dans le cadre d’un projet en partie réalisé, comprenant des quartiers neufs et un camp retranché qui témoignent des larges vues du grand ingénieur. La ville avait perdu ses industries traditionnelles, sauf la tannerie, mais sous l’Empire, l’éloignement temporaire de la frontière favorisa le développement d’activités nouvelles (cuivre et piperies). Vers 1900 se développèrent, au-delà des remparts, des quartiers neufs illustrant de nouvelles modes architecturales.

Si les monuments majeurs de Givet sont Charlemont et le Mont d’Haurs, véritables répertoires de la fortification bastionnée, la ville offre aussi un beau panorama d’urbanisme et d’architecture civile, du Moyen Age au XXe siècle.

 

  • Histoire et développement urbain
  •        
  • Givet dans l’empire carolingien
  • Givet dans le Saint-Empire
  • Le début du XVIe siècle
  • Création de Charlemont
  • Givet dans les Pays-Bas espagnols
  • Givet devient français
  • Le grand projet de 1697
  • Après Vauban
  • La ville au XVIIIe siècle
  • Révolution et Empire
  • Le développement du XIXe siècle
  • Le XXe siècle
  • L’habitat
  • Vestiges antérieurs à 1675
  • Après 1675
  • La première reconstruction
  • La reconstruction après 1696
  • Le XIXe siècle
  • Après 1896
  • Éclectisme, Art nouveau, Art déco
  • VISITE DE LA VILLE
  • L’église Notre-Dame
  • Les rues Notre Dame et de Luxembourg
  • La Houille et les moulins
  • Le quartier neuf
  • Le refuge de l’abbaye de Saint-Hubert, actuel lycée Vauban
  • Autour du pont
  • Le centre médiéval
  • La tour Victoire
  • L’église Saint-Hilaire
  • L’hôtel de ville
  • Le quai des Fours
  • La Strée (rue d’Estrées, puis du Général-de-Gaulle et Flayelle)
  • Les couvents          
  • L’ancienne
  • Les fortifications
  • Les quartiers neufs
  • Autres édifices et sites

Création de Charlemont

En 1554, deux armées françaises, commandées par Henri II et le duc de Nevers, ravagent tout sur leur passage et se rejoignent à Givet, où elles campent, avant d’aller détruire, notamment, les châteaux de Binche et de Mariemont, résidences de Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint.

Après le départ des Français, Charles Quint fait rechercher un lieu propice à la création d’une forteresse moderne pour éviter le renouvellement de cette mésaventure. Le choix se porte sur Givet et l’empereur achète la terre d’Agimont-Givet à Louis de Stolberg en 1555. Donato Buoni Pellizuoli, ingénieur italien à qui l’on doit l’enceinte bastionnée d’Anvers, commence à édifier un ensemble composé d’un fort sur le « terne du château » (souvenir probable d’un projet avorté des La Marck) et d’un rempart (tranchées) enveloppant Givet-Saint-Hilaire.

Alors que ces travaux sont en cours, une nouvelle attaque française a lieu en juillet 1555. Le site du futur fort Condé sert de point d’appui aux impériaux : une bataille (dite de Gimnée) avec du matériel amené en hâte (hacquebutes à crocq, couleuvrines) est livrée sous le chantier. L’extension vers l’ouest du fort, nécessaire pour contrôler le plateau de Foisches, est confiée à Sébastien et Jacques Van Noyen, ingénieurs qui sont aussi chargés de la construction de Philippeville. Avec Mariembourg (créé en 1545 sur l’ordre de Marie de Hongrie), ces trois forts modernes doivent empêcher les Français d’attaquer par la trouée de l’Oise.

Peu après l’abdication de Charles Quint, le fort prend le nom de Charlemont. Les travaux se poursuivent jusque dans les années 1560. Le calcaire de Givet est un matériau dont les avantages pour la construction sont contrebalancés par la difficulté d’extraction. À Charlemont, on a d’abord creusé les fossés, construit le rempart en terre, puis réalisé les parements avec les roches extraites.

 

Givet devient français

En mars 1675, le roi Louis XIV décide « l’exécution militaire » des deux Givet pour empêcher que la garnison de Charlemont puisse s’y retrancher. Cette attaque est menée en liaison avec la préparation du siège de Dinant. Chargé de l’opération, le maréchal de Créquy donne une réponse qui précise que les deux bourgs sont fortifiés et « pas en état d’être aisément insultés ». Il l’exécute néanmoins, puis le comte de Montal vient « achever le reste des deux bourgs » deux mois après l’incendie perpétré par le maréchal. Il reste effectivement peu de chose du Givet d’avant 1675 : l’église Notre-Dame a été « annulée dans l’incendie général des deux bourgs » et les vestiges de maisons antérieures à cette date sont rares. Dès 1676, les bourgeois entament la reconstruction de leurs églises et de leurs maisons. Mais Charlemont est intact et la garnison espagnole reste dangereuse jusqu’en 1680.

Par le traité de Nimègue (effectif en février 1680), Givet passe à la France : la place devient une forteresse retournée contre les puissances opposées à Louis XIV. Vauban l’inspecte en 1680 et on commence à restaurer les fortifications mais sans y apporter de grands changements. L’ingénieur fait construire de grandes casernes, en particulier la caserne de cavalerie (achevée vers 1682) en bordure de Meuse, « la plus longue de France » (près de 500 mètres). Cependant, dès 1625, les Espagnols avaient édifié des « barracques » en pierre à Charlemont : sans rien inventer, Vauban normalise.

Ce dernier savait apprécier les constructions de ses prédécesseurs du xvie siècle telles les casemates des bastions construits par les Van Noyen. Dans ses ouvrages neufs, il renoue avec un décor simple mis en œuvre au xvie siècle dans les principaux édifices gravitant autour du chantier de Charlemont, en particulier le bossage rustique, auquel la pierre bleue de Givet se prête fort bien. Au nord de Charlemont, Vauban fait creuser, dans le rocher qui portait une tour d’artillerie de la période espagnole, une belle salle couverte d’un berceau annulaire, surmontée par une plate-forme. Ainsi modifié, cet avant-poste qui contrôle les routes venant de Philippeville et de Mariembourg prend le nom de fort de La Macq (pour La Marck ?).

 

VISITE DE LA VILLE

La tour Grégoire (1) offre le meilleur point de vue pour comprendre le site et l’évolution de Givet. De cet endroit on peut découvrir l’ensemble de son assiette. De gauche à droite : la Meuse, venant de la boucle de Chooz, passe au pied des carrières des Trois Fontaines qui exploitent le calcaire de Givet, puis du fort de Charlemont, dont l’escarpement alternait autrefois carrières et vignes. En partie masquée par Charlemont, la dépression de la Fagne descend en pente douce vers Givet et son pont. À l’horizon nord, on aperçoit les ruines du château d’Agimont, perché sur son piton de marbre. Au pied de la pointe de Charlemont, on distingue bien les différentes étapes du développement de Givet Saint-Hilaire : le castrum semi-circulaire, l’enveloppe des xvi-xviie siècles, puis les quartiers neufs d’après 1896. Le xxe siècle est marqué par deux axes : au nord, la route de Bon-Secours vers l’usine des Textiles Artificiels (début du xxe siècle) ; vers le nord-ouest, la récente zone industrielle implantée le long de la route de Philippeville occupe le terrain que Vauban avait prévu d’attribuer au grand Givet Saint-Hilaire.

Inventaire du patrimoine, Région Champagne-Ardenne

Par Patrice Bertrand
Photographe :
Patrice Thomas

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