« Retour à la page précédente

Le Vésinet

Le Vésinet
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Janvier 1989
Couverture souple à rabats
Format : 21 x 27 cm
114 pages
140 images

Collection Cahiers du patrimoine

ISBN : 9782110810199

Modèle français d´urbanisme paysager (1858-1930)
(50% de réduction)

consulter mon panier

12,50 €

Au lieu de 25,00 €

Ce produit est épuisé.

Histoire et patrimoine du Vésinet, en Yvelines

Toute ville, même aussi jeune que Le Vésinet doit pouvoir se raconter aux générations futures. Elle a donc besoin d’une mémoire (à travers son histoire et son patrimoine). Le Vésinet, créé tôt — 1858 — et très vite, concentre et illustre toutes les tendances et les expériences que l’on peut percevoir à cette époque en France et à l’étranger ; il s’élève d’emblée au rang de modèle, une entreprise où la finance, la politique et les idées novatrices vont trouver leur plein épanouissement.

Un urbanisme digne d´une utopie

Aussi compliqué qu’une vraie ville, avec ses quartiers, mais aussi vaste qu’un parc où l’on peut se promener à l’infini, le lotissement du Vésinet est vraiment un paysage urbain d’un genre nouveau, une utopie réalisée. Ce livre étudie en détail les mécanismes qui président à sa création et offre les résultats d’un minutieux arpentage sur le terrain opéré par les auteurs.

Découvrir Le Vésinet, sur les traces des auteurs...

Pour la première fois, cet ensemble paysager exceptionnel fait l’objet en France d’une étude architecturale et urbanistique. L’histoire du Vésinet, racontée par Sophie Cueille, historienne d’art, est superbement illustrée par Jean-Bernard Vialles, photographe de l’inventaire général. François Loyer et Bruno Foucart, éminents spécialistes qui ont tant fait pour la redécouverte du XIXe siècle, ont parrainé l’entreprise. Ce livre leur doit beaucoup.

Au Vésinet comme ailleurs, villégiature rime avec nature. Dans la lecture des textes contemporains de l´élaboration de la ville, on assiste à une véritable codification de la vie du propriétaire d´une maison de vacances. Il devient à ses heures perdues jardinier ou le plus souvent commanditaire d´un jardin dont le raffinement est le complément indispensable de toute maison de campagne — rappelons ici que seules les activités horticoles étaient admises au sein des parties paysagères de la colonie du Vésinet à l´exclusion de toute forme de commerce ou industrie. C´est ainsi que fleurissent durant la seconde moitié du XIXe siècle nombre de sociétés horticoles, suivant le modèle de la Société d´horticulture de Seine-et-Oise créée dès 1840. Parmi les plus actives du département, figurent celle du Vésinet fondée en mars 1894, et celles des localités voisines de Saint-Germain-en-Laye et de Bougival. La lecture des bulletins de ces sociétés, où sont relatées les visites des plus beaux jardins de la région, reste essentielle pour se documenter sur l´art éphémère du jardin privé. Pourtant, parmi les reproches émis par les détracteurs du Vésinet, dès les premières années de sa création, figure la mauvaise qualité du sol trop sablonneux. Alphonse Pallu, en 1869 se voit contraint de publier un ouvrage pour encourager les nouveaux acquéreurs : Création et culture des jardins dans le Vésinet d´après les principes généraux de l´agriculture. Vantant les qualités du sable pour les allées autant publiques que privées, il donne pour exemplaire un jardin aménagé près de la station du Vésinet « occupé par le conducteur des travaux de la Société du Vésinet ». Pour lui « une villa séduit et charme par son jardin surtout, qu´on veuille la louer, la vendre ou l´habiter ». Pour fabriquer le paysage de la colonie, le comte de Choulot avait utilisé les compétences de l´ingénieur hydraulicien Dufrayer mais aussi les talents du rocailleur Chabot, domicilié dans la ville voisine du Pecq, auteur, entre autres, de la cascade de Longchamps. Ainsi, les intervenants essentiels de la réalisation de la ville parc sont dorénavant connus : le paysagiste, l´hydraulicien et le rocailleur. Chabot construit les cascades et gués des lacs et rivières du Vésinet et, parmi ses réalisations majeures, figurent le rocher du lac supérieur et la grotte de la cascade du Grand lac. Le premier ensemble supportait les réservoirs d´alimentation en eau du Vésinet, soustraits au regard des promeneurs par une construction monumentale en pierre rustique qui « devait être complétée par du lierre pour mieux cacher les réservoirs et donner l´illusion d´un temple en ruine ». La grotte du Grand lac était quant à elle destinée à séduire l´audacieux qui, descendant quelques degrés, découvrait de l´intérieur « les chutes d´eau qui provoquent au soleil des effets ravissants ». Chabot intervient également dans les plus prestigieux jardins privés de la colonie qui, avec leur propre réseau de rivières et de petites pièces d´eau, sont des répliques à échelle réduite du grand parc qui les accueille. Parmi les autres concepteurs de jardins vésigondins, alors fameux mais aujourd´hui tombés dans l´oubli, figure un certain Émile Cappe. Propriétaire d´une villa sur le site, il est présenté comme « jardinier de grande distinction, auteur et ordonnateur principal de plusieurs parterres et jardins de la colonie du Vésinet ». Son propre jardin est minutieusement décrit lors d´une visite de la Société d´horticulture de Saint-Germain-en-Laye : plates bandes de rosiers, datura, glaïeuls, bordures de joubarbe « se marient avec le silex dite meulière qui sert à encadrer les massifs pour empêcher la terre de se mélanger au sable des allées », rochers et cascades jaillissantes animées de plantes aquatiques, rhododendrons, géranium nouveaux : toutes ces plantations émaillent le jardin complété par plusieurs serres. Les unes sont utilisées pour acclimater en France des plantes nouvelles ou peu répandues ; des serres chaudes abritent fougères, palmiers, pandanées (arbre à silhouette de palmier), philodendrons, orchidées, cyclanthées (famille d´arbres et d´arbustes avec une fois encore une silhouette de palmier) et le groupe de visiteurs experts signale l´intérêt tout particulier de la collection des broméliacées, famille de vivaces aux longues feuilles raides ressemblant à des ananas, qui deviennent alors à la mode.

Inventaire du patrimoine, région Île-de-France

Par Sophie Cueille
Photographe : Jean-Bernard Vialles

 

LoadingMise à jour...