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Églises et chapelles
des XIXe et XXe siècles — Amiens

Églises et chapelles <br /> des XIX<sup>e</sup> et XX<sup>e</sup> siècles — Amiens
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Février 2008
Couverture souple à rabats
Format : 11 x 22,5 cm
72 pages
80 images

Collection Parcours du patrimoine

ISBN : 9782914528474

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8,50 €

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Patrimoine religieux d´Amiens : visite guidée

Au lendemain de la Révolution, les églises sont devenues un patrimoine communal. Participant à la restructuration de l’espace de la ville ou du village, les églises des XIXe et XXe siècles témoignent de la place assignée à l’architecture religieuse, dans une société profondément bouleversée par des mutations économiques et démographiques qui nous touchent encore aujourd’hui. Ce petit guide de visite vous convie à découvrir les églises et chapelles d´Amiens.

De Saint-Médard de Longueau à la cathédrale d´Amiens

Agrandissements, reconstructions de bâtiments vétustes, et, à partir de 1830, constructions nouvelles pour les jeunes paroisses nées de la révolution industrielle, sont l’œuvre d’architectes officiels mais également d’architectes libéraux bien connus dans la Somme, en particulier les Deleforterie père et fils ou encore E. Douillet. Dès 1840, les chantiers de restauration des monuments historiques et notamment Viollet-le-Duc, qui dirigea celui de la cathédrale d’Amiens de 1849 à 1874, influencent nettement cette architecture. Les églises construites au XXe siècle répondent aux mêmes besoins, mais se caractérisent par des formes renouvelées qui témoignent de l’évolution de la liturgie : si la plus célèbre est l’église Saint-Honoré d’Amiens, la plus originale est sans conteste l’église Saint-Médard de Longueau.

La place des églises en question

Au-delà des phénomènes de mode qui caractérisent des édifices plus ou moins considérés comme utilitaires, cette présentation des églises des XIXe et XXe siècles autour d’Amiens montre les différences sensibles entre milieu urbain et milieu rural et engage une réflexion sur la place et le rôle du patrimoine religieux en ce début du XXIe siècle. Car bien qu’elles soient aujourd’hui désertées, ces églises n’en constituent pas moins des points de repères importants, en particulier en milieu rural où ce patrimoine monumental est souvent méconnu.

 

 

Feuilleter

Les derniers soubresauts du gothique : le chantier inachevé de Saint-Remi d’Amiens L’église paroissiale Saint-Remi, qui s’élevait dans la cité, fut fermée à la Révolution. Le culte avait été rétabli dans l’ancienne église conventuelle des Cordeliers, acquise en 1802 par Françoise Charlotte Pingré. La reconstruction de cette église à 2 vaisseaux, caractéristique des ordres mendiants au Moyen Âge, est projetée dès 1855 par le président de la société des Antiquaires de Picardie mais se heurte à l’expertise de l’architecte communal. Celui-ci conclut en effet, dans un rapport de 1860, que son abandon ne se justifierait qu’en raison de sa taille et de ses dispositions ou « surtout de la trop grande simplicité relative à son caractère architectonique ». Le nouveau curé de la paroisse Louis Eugène Debeaumont (1818-1891), ancien curé de Coisy (1842-1857) et de Montdidier (1857-1870), où il a fait reconstruire les églises, n’obtiendra celle de Saint-Remi qu’en 1889. Il s’adresse alors à Paul Delefortrie pour élever une église de style néogothique. Son coût astronomique ne permettra pas son achèvement. La construction, commencée en 1889, est interrompue deux ans plus tard ; seuls le chœur et le transept ont été reconstruits ; l’église, conservant sa nef et son bas-côté d’origine, sera bénite en 1899. Après la destruction de la partie ancienne, durant la première guerre mondiale, un square y est aménagé en 1937. Saint-Remi est la deuxième église reconstruite intra muros. Elle est implantée à l’angle d’une voie prestigieuse, où s’élèvent la préfecture, la bibliothèque municipale et le musée de Picardie, principaux monuments publics de la ville, mais conserve son orientation d’origine et ouvre ainsi sur une rue secondaire. Reprenant le modèle de la cathédrale, avec 5 vaisseaux et une élévation à 3 niveaux, Paul Delefortrie réalise ici un parfait pastiche. L’édifice se distingue pourtant par la majesté de l’espace intérieur et la qualité de l’éclairage. On ne peut que regretter sa fermeture qui prive ainsi les Amiénois d’un des plus remarquables espaces religieux de la ville. L’important programme iconographique des verrières, commandées à la maison Hutin de Reims en 1900, retrace notamment l’histoire de saint Remi et celle des franciscains et illustre une démarche historiciste à laquelle participent les curés successifs de la paroisse, Armand Cantrel (1822-1895) et Wulphy Louis Marie Pouillet (1850-1927). Cette œuvre néogothique tranche avec les réalisations de Paul Delefortrie, en particulier les chapelles conventuelles des Fidèles Compagnes de Jésus (1894) et des Ursulines (1895) à Amiens.

Inventaire du patrimoine, Région Picardie

Par Isabelle Barbedor
Photographe : Thierry Lefébure

 

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