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Beauté divine !

Beauté divine !
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Février 2015
Couverture cartonnée avec jaquette
Format : 21 x 27 cm
408 pages
350 images

ISBN : 9782362191077

Tableaux des églises bas-normandes, 16e-20e siècles

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34,00 €

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Une Madeleine flamande du XVIe siècle richement parée, un Christ triomphant au drapé virtuose, un roi au pied d’un pauvre, un ange gardien raffiné, telles sont quelques-unes des figures qui vous attendent au fil de ces pages.

Enchâssés dans un retable, accrochés, isolés, sur les murs du sanctuaire, près de trois mille tableaux peuplent les églises paroissiales de Basse-Normandie. Plus de cent cinquante sont rassemblés dans cet ouvrage, la plupart inédits, et remis en lumière grâce à une campagne photographique d’une ampleur et d’une qualité exceptionnelles. Inscriptions, armoiries, signatures et une multitude de détails d’ordinaire inaccessibles sont ainsi révélés. Aux côtés des nombreux peintres locaux sortis de l’anonymat, les Paÿs, Pillement, Bichue…, aux côtés de la famille Restout si active sur nos territoires, se détachent les figures nationales de La Hyre, Vignon, Suvée ou Isabey.

Les professionnels du patrimoine en charge de cet inventaire d’une échelle sans précédent en France, entourés d’universitaires, vous invitent à découvrir plus de trois siècles d’une production de peinture en région d’une grande vitalité.

Préface
Beauté divine !
Un écho régional de la peinture religieuse européenne entre les conciles de Trente
(1545-1563) et de Vatican I (1870),  François Bœspflug

Cadrages et perspectives


Une « aventure de l’esprit » pionnière et collégiale : l’étude des tableaux des églises bas-normandes, Emmanuel Luis


La restauration des tableaux d’églises en Basse-Normandie, Aude Maisonneuve


Une capitale en demi-teinte : les peintres à Caen au XVIIe siècle, Étienne Faisant


Peintures d’autel dans les paroisses rurales de Normandie au XVIIIe siècle, Christine Gouzi


Entre création et copie : une ligne de front identifiable ?, Renaud Benoit-Cattin


D’après Grégoire Huret, de quelques tableaux issus du Val-Richer, Emmanuel Luis


L’église Saint-Pierre de Saint-Nicolas-de-Sommaire (Orne) : un décor peint exceptionnel,
Servanne Desmoulins-Hémery


La chartreuse du Val-Dieu : un décor dispersé, Étienne Poulain


Les tableaux de chœur de la cathédrale de Lisieux : un programme décoratif parisien
du troisième quart du XVIIIe siècle, Emmanuel Luis


Les tableaux de la cathédrale de Bayeux : un patrimoine normand méconnu, Emmanuel Luis


Les chefs-d’œuvre flamands de la collection Le Chanteur, Aude Maisonneuve


Le décor peint par Guillaume Fouace dans l’église de Montfarville, Élisabeth Marie


La famille de La Vente, une dynastie de peintres à Vire, Gérard Villeroy et Emmanuel Luis


Guillaume Jolivet, « pictor Morotor », Gérard Villeroy


Jacques Noury (Carpiquet, 1747 - Caen, 1832), Christophe Marcheteau de Quinçay


« P. h. Guérin » (1762-1844), peintre augeron, Sabrina Blanchet


Pierre-Charles Gislain (1826-1904) : un archétype de peintre régional ?,
Servanne Desmoulins-Hémery

Tableaux dévoilés
De Ablon aux Yveteaux, un cheminement alphabétique dans les églises de 112 communes de Basse-Normandie, à la découverte de 143 tableaux.

Annexes
Bibliographie indicative
Index des lieux, des œuvres et des artistes
Crédits photographiques

Lion-sur-Mer (Calvados)
Église paroissiale Saint-Pierre

Cairo, Francesco (Santo Stefano, Milan, 1607 - Milan, 1665), attribué à
Immaculée Conception
Huile sur toile - h : 155 ; la : 120, avec cadre
Classé au titre objet le 21 janvier 2014

Cette oeuvre jusque-là considérée comme une copie du XIXe siècle d’une oeuvre italienne1 a été attribuée en 2010 à Francesco Cairo par Stéphane Loire, conservateur au département des peintures du musée du Louvre, et Francesco Frangi, spécialiste du peintre. Cette attribution est confortée par des rapprochements précis avec deux oeuvres de jeunesse du peintre lombard conservées dans des collections privées2 : une huile sur toile, La Vierge à l’Enfant qui écrase la tête du serpent-dragon, dont la composition est similaire à la toile de Lion-sur-Mer et un tableautin représentant sainte Catherine dont la figure est en tout point identique à celle de la Vierge de notre tableau.

Formé à Milan à la fin des années 1620 dans un milieu marqué par le langage intensément dramatique, tragique et fantomatique de Francesco Mazzucchelli, dit Morazzone (1573- 1626), et de Giovanni Battista Crespi, dit Cerano (1575-1632), Francesco Cairo partagea sa carrière entre Turin, où il fut peintre officiel des ducs de Savoie, Rome et Milan. Dans cette oeuvre à situer dans les trente premières années du XVIIe siècle, Cairo s’applique à rechercher des contrastes de lumière et d’ombre pour intensifier l’atmosphère mystique. L’expression extatique de la figure féminine – caractéristique des premières oeuvres du peintre – renforce l’accent dramatique de la scène. Ce tableau illustre le passage de la Genèse 3.15 où Dieu dit au serpent « Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre sa race et la tienne et elle t’écrasera la tête ». L’Église catholique voit dans cet extrait l’incarnation de la Vierge écrasant le mal, ce qui donna lieu à une controverse avec les protestants. Pour eux, les catholiques avaient commis une erreur de traduction, ce n’est pas une femme mais un homme qui écrase le serpent.

Les deux interprétations sont associées ingénieusement dans la composition de Francesco Cairo. Jean de Carthagène, théologien de la fin du XVIe siècle, le résume ainsi : « il y a une lutte engagée entre la femme et le serpent et c’est la femme qui triomphe, mais elle en triomphe par son fils. »

A. M.

Collectif, sous la direction d’Emmanuel Luis
Direction de l’Inventaire de Basse-Normandie
Photographies : Patrick Merret
Direction de l’Inventaire de Basse-Normandie

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