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Les parcs et jardins de l’Anjou

Les parcs et jardins de l’Anjou
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Octobre 2015
Couverture cartonnée
Format : 27,5 x 23,5 cm
250 pages
350 images

Hors collection Beau livre

ISBN : 9782362191176

au fil de l’histoire

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34,00 €

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Second Prix du European Gardenbook Award (Prix du meilleur livre de jardin européen) !

Depuis les jardins du roi René jusqu’aux dernières créations contemporaines conçues autour de préoccupations écologiques comme celle du parc Balzac à Angers, ce livre offre une promenade à travers le temps et les paysages de Maine-et-Loire. Croisant l’histoire de l’Anjou, celle de l’art des jardins, de l’architecture, du paysage et de l’horticulture, il révèle la richesse et la diversité de nombreux sites, privés ou publics.

L’importance du XIXe siècle comme période faste de l’Anjou y est soulignée à travers la figure majeure de l’horticulteur et paysagiste André Leroy, concepteur de plus de 300 projets dans la France de l’Ouest, mais aussi à travers celles d’autres créateurs de talent intervenus dans de grands parcs paysagers, tels Brissac ou Serrant à Saint-Georges sur Loire.

La conception d’oeuvres originales – parc oriental de Maulévrier, parc de loisir Terra botanica à Angers, parc zoologique Bioparc de Doué-la-Fontaine – côtoie celle de jardins personnels, historicistes ou pleins d’imaginaire dessinés au tournant de notre siècle : Gastines à Fougeré, Chatelaison à Saint-Georges-sur Layon, la Constantinière à Soulainessur-Aubance.

Illustré par de nombreuses photographies et reproductions de documents iconographiques, cet ouvrage est à la fois une découverte du patrimoine et une invitation à la visite.

Sommaire

p. 6 Préface
p. 8 Remerciements
p. 10 Introduction
p. 15 Jardins secrets au Moyen Âge & au temps du roi rené
p. 20 Le château d’Angers
p. 26 Promenade citadine à Baugé
p. 28 Montreuil-Bellay
p. 30 Jardins d’abbayes, entre symbole, subsistance et mutation du paysage
p. 32 L’abbaye de Fontevraud
p. 44 Géométrie, eau et pente à la Renaissance
p. 48 « Jardins d’eau »
p. 52 Le Plessis-Bourré à Ecuillé
p. 54 « Jardins de pentes »
p. 56 Le Lude
p. 62 Science et ordonnancement du territoire : les compositions régulières des xviie et xviiie siècles
p. 64 Grands projets de parcs réguliers du XVIIIe siècle
p. 68 Montgeoffroy à Mazé
p. 72 Pignerolle à Saint-Barthélémy-d’Anjou
p. 74 Lathan à Breil
p. 76 Les maisons de plaisance
p. 82 La première promenade publique d’Angers : le Mail
p. 85 Le jardin anglais et le parc-paysage : héritages de la sensibilité pittoresque des Lumières
p. 86 Un souffle venu d’ailleurs
p. 87 Les jardins « anglais » ornés
p. 94 Châteaubriant à Sainte-Gemmes-sur-Loire
p. 96 Le parc-paysage
p. 97 Le premier parc de Brissac
p. 101 Le parc de Serrant à Saint-Georges-sur-Loire
p. 111 L’âge d’or de la botanique & de l’horticulture et sa postérité aujourd’hui
p. 112 Botanophiles et passion des plantes
p. 116 Le jardin des Plantes d’Angers
p. 119 Le jardin de l’École de pharmacie
p. 120 La fièvre des introductions dans les parcs privés
p. 122 La Maulévrie, arboretum Gaston Allard à Angers
p. 124 Jardin et horticulture aujourd’hui
p. 125 Les Chemins de la Rose à Doué-la-Fontaine
p. 126 Camifolia à Chemillé
p. 128 Terra Botanica à Angers
p. 132 André Leroy (1801-1875), une figure emblématique du renouveau paysager de la france de l'Ouest
p. 135 Une gloire de l’horticulture française
p. 137 Le dessinateur de jardins
p. 146 Brézé
p. 148 Le parc du Département et de la Préfecture dans l’ancienne abbaye Saint-Aubin à Angers
p. 150 Autres créations à l’apogée du parc paysager angevin
p. 170 Le grand parc de Brissac
p. 174 Architectures domestiques au xixe siècle
p. 176 Les potagers
p. 180 Le potager du château Colbert à Maulévrier
p. 182 Décors et techniques
p. 185 Orangeries et serres
p. 188 Dépendances et fermes modèles
p. 191 Parcs et haras
p. 192 Le parc de L’Isle-Briand
p. 194 Style à la française & inspiration orientaliste au tournant du xxe siècle
p. 198 Le parc mixte ou composite
p. 201 La Lorie à La Chapelle-sur-Oudon
p. 206 Les parterres à la française de Serrant
p. 208 Le parc du château de Craon en Mayenne
p. 210 Le style Art déco
p. 214 Le Pin à Champtocé-sur-Loire
p. 216 Une création orientaliste majeure : le parc oriental de Maulévrier
p. 220 À la charnière du xxie siècle : création et renaturation des jardins
p. 223 Les divers imaginaires des créations privées
p. 232 Gastines à Fougeré
p. 235 Créations publiques à l’aune de l’écologie
p. 236 Le parc Saint-Nicolas à Angers
p. 239 Le parc des ardoisières de Trélazé
p. 242 Le parc Balzac à Angers
p. 244 La promenade champêtre du château du Plessis-Macé
p. 245 Étonnants jardins conservatoires de la faune
p. 246 Bioparc, zoo de Doué-la-Fontaine
p. 248 Bibliographie sommaire / Abréviations
p. 249 Index des créateurs de jardins professionnels cités
p. 250 Crédits photographiques

Le Plessis-Bourré

Le château du Plessis-Bourré est un haut lieu de l’histoire de l’architecture et un édifice précurseur marqué à la fois par un système défensif de forteresse et par l’élégance de façades annonçant les raffinements et le confort de la Renaissance. L’ancien fief, connu sous le nom du Plessis-de-Vent, est acquis en 1462 par Jean Bourré (1424-1506), illustre personnage, secrétaire de Louis XI et premier Trésorier de France, puis éducateur et homme de confiance de son fils Charles VIII. Résidant au château de Vaux à Miré lorsque sa charge lui en laisse le loisir, il décide de faire construire un nouveau château, achevé en 1473 en moins de cinq ans. L’homme, amateur d’art ayant développé sa culture artistique lors de voyages dans les Flandres, est un bâtisseur éclairé autant pour le roi, à Langeais, que pour lui-même. Le Plessis-Bourré est ainsi célèbre pour sa galerie privée construite entre chapelle et appartements au-dessus d’un portique ainsi que pour sa salle des gardes dont le plafond à caissons de bois peints présente une succession de scènes allégoriques commentées de vers moralisateurs et pleins d’humour.

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Le Lude

Dans l’ancienne province d’Anjou, en limite du département de la Sarthe, le parc du château du Lude conjugue une topographie en pente et la présence de l’eau. Cette ancienne forteresse acquise en 1457 par Jean Daillon, chambellan de Louis XI, a été embellie pendant plusieurs siècles par la même famille. De la Renaissance, elle conserve sur le plan architectural une façade sur le parc ainsi qu’une autre sur la ville, remaniée dans un style néorenaissance au XIXe siècle et, sur le plan paysager, de profondes douves sèches et une longue terrasse surplombant la rivière du Loir.

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De nouveaux principes de jardins reposant sur le prolongement de l’architecture dans le paysage, l’étirement des perspectives et l’introduction d’une forme de symétrie par rapport aux édifices annoncent le génie de Le Nôtre (1613-1700). Avec Descartes, une pensée philosophique basée sur la raison et la recherche d’une science universelle avait vu le jour. Une certaine idée de la perfection s’inspire des mathématiques. Les traités de jardin vont théoriser ces visions d’ordonnancement dans l’espace. André Mollet propose dans Le jardin de plaisir (1651) une gradation ornementale dans la composition des parterres : broderies près du château et carrés de gazon dans les lointains. Boyceau de La Barauderie, intendant des jardins d’Henri IV et Louis XIII, formule des règles sur l’art des proportions publiées vers 163840. Le végétal est traité comme un matériau de construction : des bosquets taillés masquent parfois des chambres de verdure et les palissades végétales bordant les allées sont calculées en fonction des ombres portées. Les topiaires aux formes diverses jalonnent les tapis de gazon et repoussent les points de fuite. À Versailles, cette architecture verte est complétée de fleurs de saison enterrées dans des pots à usage de décors éphémères, modifiables en une nuit.
Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, Jean de La Fontaine confère aux jardins de Le Nôtre le statut
d’oeuvres d’art dans Le Songe de Vaux, poème consacrant les merveilles de Vaux-le-Vicomte, où la fée de l’Art des jardins Hortésie se mesure à celles de la Peinture, de l’Architecture et de la Poésie.
La dilatation de la composition a été redevable aux progrès de l’optique et à l’invention par Galilée de la première lunette astronomique en 1609. Dans les jardins, un système d’artifices vise à ralentir ou à accélérer les perspectives. Après avoir peint des trompe-l’oeil à l’extrémité des allées, on ouvre des perspectives convergeant vers l’infini pour prendre possession du territoire. Afin de lier le jardin à la campagne, on invente le saut-de-loup, fossé court mais profond délimitant le jardin tout en laissant la vue filer sur le paysage extérieur. Les miroirs d’eau apportent un effet de profondeur en reflétant le ciel et en doublant la hauteur des alignements plantés. Si le jardin Renaissance était à voir depuis des terrasses périphériques, le jardin classique est à contempler en perspective rasante.

Auteur : Isabelle Levêque, Département de Maine-et-Loire

Depuis dix ans, Isabelle Levêque conçoit et réalise des projets de création de jardins en réinterprétant des lieux anciens de façon contemporaine. Elle contribue également, en tant qu’historienne de l’art, à la remise en valeur de jardins historiques.

Doctorante à l’Université de Paris I Panthéon-Sorbonne, elle est diplômée du DESS « Jardins historiques, patrimoine et paysage » de l’École d’architecture de Versailles et d’un DEA en histoire de l’art.

Chevalier de l’Ordre des Arts et des Lettres, 2008.

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