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PAU
un siècle d’architecture sacrée

PAU <br />un siècle d’architecture sacrée
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Novembre 2014
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
176 pages
350 images

Collection Images du patrimoine

ISBN : 9782362191053

1801-1905

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24,50 €

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La ville de Pau offre une silhouette urbaine largement façonnée par le XIXe siècle religieux. Pau ne dispose pas jusqu’alors de lieu de culte catholique accordé à sa forte expansion ; par ailleurs, ville de villégiature cosmopolite et par conséquent multiconfessionnelle, elle est le lieu idéal pour observer comment se traduit dans la pierre le dessein du Concordat, qui, en déterminant la place des religions dans la Nation, vise à la cohésion sociale.
Ce livre présente une vingtaine d’édifices parfois sous-estimés et souvent méconnus : églises paroissiales, temples, synagogue, chapelles hospitalières ou conventuelles. La référence à l’art du Moyen Âge y est fréquente, comme dans de nombreux édifices religieux de l’époque. Et comme souvent, le modèle médiéval est au cœur des enjeux architecturaux du moment, voire cristallise la question de la modernité.
De ce point de vue, l’église Saint-Martin joue un rôle de véritable manifeste dont le rayonnement dépasse le cadre local. Son architecte, Émile Boeswillwald, émule de Viollet-le-Duc, et de talentueux maîtres d’œuvre locaux ont créé à Pau un paysage religieux original, au carrefour de la foi, de la politique et des doctrines architecturales.

Introduction

Un patrimoine en images

Églises paroissiales – p. 36
Saint-Jacques – p. 36
Saint-Martin – p. 56
Saint-Jean-Baptiste du Hameau – p. 78

Chapelles hospitalières – p. 84
Chapelle de l’asile d’aliénés Saint-Luc – p. 84
Chapelle de l’ancien hôpital Bosquet – p. 90

Chapelles conventuelles – p. 96
Sacré-Cœur-de-Jésus (chapelle des carmélites) – p. 96
Sainte-Ursule-des-Champs (chapelle des ursulines) – p. 102
Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception (chapelle des jésuites) – p. 106
De Sainte-Ursule à Notre-Dame-du-Bout-du-Pont – p. 116
Chapelle des dominicaines – p. 124
Chapelle des sœurs du Sacré-Cœur – p. 130
Chapelle des réparatrices – p. 136
Chapelle des dames de Saint-Maur – p. 144
Notre-Dame-du-Sacré-Cœur (chapelle des filles de la Croix) – p. 150

Autres lieux de culte – p. 152
Christ’s Church (temple protestant) – p. 152
Saint-Alexandre-Nevski (église orthodoxe) – p. 156
Synagogue – p. 160
Saint Andrew’s Church (église anglicane) – p. 164

Annexes

 

 Des figures d’architectes

Le choix de l’architecte par les commanditaires est fonction de nombre de facteurs dont l’importance respective varie selon les cas – et notamment selon que l’on se situe en maîtrise d’ouvrage publique ou privée. La commande publique va volontiers se tourner vers des architectes déjà titulaires de fonctions officielles quand les commandes privées font plus souvent appel à des architectes locaux, tout aussi recherchés d’ailleurs, car leurs références sont davantage connues. Ainsi, pour la construction de l’église Saint-Martin, les édiles font confiance à une personnalité établie : Émile Boeswillwald, architecte diocésain, entre autres de Bayonne. Si les fonctions officielles de l’architecte diocésain sont circonscrites aux cathédrales, évêchés et séminaires, la réglementation dispose qu’il doit donner un avis sur les projets des édifices paroissiaux du diocèse où il exerce. Dans les faits, consulté pour la construction ou la restauration des édifices de culte communaux, il n’est pas rare qu’il se voit attribuer le chantier pour lequel il a pu être approché, comme c’est le cas ici. C’est tout naturellement que, dès la phase préliminaire du projet, au moment où la nécessité de rebâtir et les questions d’emplacement sont encore en discussion, les édiles palois sollicitent son expertise, lui qui est de surcroît historien de l’architecture médiévale. C’est tout aussi naturellement que la commande de la nouvelle église Saint-Martin finit par lui échoir. De fait, sa position et son travail au sein de l’administration valent gages de confiance : ses études parisiennes comme ses travaux de restauration semblent apporter des garanties à la hauteur des enjeux palois – et les autorités locales peuvent aussi supposer que sa position facilitera l’obtention des secours de l’État...

L'église Saint-Jacques

La façade principale de Saint-Jacques joue un rôle de repère, dans le quartier des Cordeliers et même au-delà. Probablement inspirée de la cathédrale Sainte-Marie de Bayonne, qu’Émile Boeswillwald restaure au même moment, et conçue à la manière des « façades harmoniques » de l’architecture gothique, elle superpose, en un massif antérieur à deux tours, un porche dans-œuvre – à l’image des églises bourguignonnes du xiiie siècle –, puis la traditionnelle arcature gothique, ici aveugle, une rosace, enfin un pignon central, le tout encadré des tours couronnées de flèches. Si la présence de ces dernières paraît s’imposer pour un édifice urbain aux références gothiques, leur conception fit l’objet de nombreuses discussions. L’architecte avait initialement prévu des flèches charpentées, mais changea son projet pour un couvrement en pierre de taille. Le soin apporté à la reconstruction de l’église Saint-Martin, l’environnement urbain ainsi que le dialogue entre architectes ont certainement achevé de convaincre Loupot d’abord, la fabrique et la municipalité ensuite.
Portées par des maçonneries insuffisantes, les flèches durent être déposées en 2000 et remplacées en 2012 par d’autres, plus légères, en charpente et recouvertes de zinc (architecte Étienne Lavigne).

Chapelle conventuelle Sacré-Cœur-de-Jésus (chapelle des carmélites)

Les vitraux furent réalisés par les carmélites du Mans sous la direction du chanoine Lottin : « Le désir de construire une nouvelle chapelle et la modicité de leurs ressources décidèrent [les religieuses] à entreprendre elles-mêmes la peinture des vitraux qui devaient orner leur sanctuaire. [...] Le travail ayant dépassé par sa perfection tout ce qu’on pouvait espérer, l’idée vint aux bonnes sœurs de mettre à profit ce moyen d’existence si providentiellement révélé par cette circonstance. » (Mémorial des Pyrénées, 1857).

Inventaire du patrimoine, Aquitaine
Pau, Ville d’Art et d’Histoire.

Par Cécile Dufau et Claude Laroche
Photographe : Adrienne Barroche

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