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Estuaire de la Gironde

Estuaire de la Gironde
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Juin 2015
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
192 pages
500 images

Collection Images du patrimoine

ISBN : 9782362191114

Paysages et architectures viticoles

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25,00 €

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L’estuaire de la Gironde baigne, sur une longueur de 75 kilomètres, des rives bordées de rangs de vignes produisant les grands crus du Médoc, les vins du Bourgeais et du Blayais mais aussi, en Charente-Maritime, les fameux cognac et pineau. Si la lumière et la chaleur renvoyées par ses eaux limoneuses y ont favorisé l’épanouissement des vignes, l’estuaire est aussi, depuis des siècles, une voie commerciale majeure qui a fait le succès des vins de Bordeaux.

Naviguant sur l’estuaire ou empruntant les routes du vin désormais aménagées sur les deux rives, l’amateur de patrimoine et de vin découvre une succession de demeures viticoles offrant aux regards leurs élégantes façades. Ces prestigieux « châteaux » côtoient un patrimoine parfois plus modeste mais d’une grande richesse : villes et villages, ports, cuviers, chais, tonnelleries, cabanes de vignes révèlent l’histoire d’un territoire façonné autour de la culture de la vigne.

Des spécificités paysagères à l’architecture, cet ouvrage met en lumière la diversité de ce patrimoine : entre tradition et modernité, de l’Ancien Régime à nos jours, il dresse le portrait en images d’un territoire du vin mondialement réputé.

Feuilleter

Introduction

Un patrimoine en images

Le territoire viticole – p. 33
Les paysages – p. 34
Le domaine – p. 46
Des vignes aux villes – p. 56
Les réseaux du vin – p. 72

Les bâtiments de vinification,
de l’Ancien Régime au xixe siècle – p. 79
Organisation et disposition – p. 80
Les cuviers – p. 88
Les chais – p. 102

Les demeures et leurs dépendances :
de la maison seigneuriale aux châteaux viticoles – p. 115
L’architecture seigneuriale – p. 116
L’architecture au xviiie siècle – p. 124
L’architecture au xixe siècle – p. 130
Les agréments et les dépendances – p. 148

Bâtir pour le vin : les architectures contemporaines – p. 167
Les coopératives – p. 168
Renouveau architectural et technique – p. 174
Donner à voir, donner à boire – p. 182

Annexes

Index – p. 190
Orientation bibliographique – p. 191
Crédits photographiques – p. 192

 Après les épisodes belliqueux des années 1680-1697 et le blocus économique qui s’ensuivit, la reprise des relations commerciales avec l’Europe du Nord, et plus particulièrement avec l’Angleterre dès la fin du règne de Louis XIV, s’accompagne d’une faveur nouvelle pour les vins de Bordeaux. Par ailleurs, les terribles gelées de l’hiver 1709 nécessitèrent une replantation massive du vignoble, accentuée par l’investissement d’une nouvelle élite urbaine dans les terres viticoles. Cette « fureur de planter », instaurant une monoculture de la vigne, fut perçue comme une menace pour l’agriculture vivrière, et à ce titre dénoncée par l’intendant Boucher au début du xviiie siècle.
...
De même que la vigne, les chais capitalisent les recherches menées pour la modernisation des domaines viticoles au xixe siècle. La quête d’une plus grande rationalité dans les processus de vinification se traduit par des aménagements inédits dans les celliers et par la recherche d’une configuration très fonctionnelle dans les ensembles viticoles construits a novo. À ce titre, les bords de l’estuaire en Médoc constituent, durant une cinquantaine d’années, un véritable laboratoire de l’innovation viticole. Château Margaux, entièrement reconstruit à partir de 1810 pour le marquis de La Colonilla, est parfaitement emblématique d’un mouvement lancé en Bordelais dès le XVIIIe siècle, mais qui ne connut son plein épanouissement qu’après l’épisode révolutionnaire.
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L’archipel mouvant des îles de l’estuaire, stabilisé grâce à force endiguements et enrochements, constitue un terroir largement colonisé par la vigne au cours du XIXe siècle. La crise phylloxérique des années 1870-1880 renforce encore la vocation viticole des domaines insulaires, moins soumis à l’infestation. Les forts rendements de ces vignes de palus et la production de masse qui en découle nécessitent l’aménagement de véritables colonies viticoles, regroupant la villégiature du propriétaire, les logements pour le personnel et de vastes bâtiments d’exploitation.  Souvent taillées de toutes pièces dans des terres gagnées sur le fleuve, ces exploitations bénéficient d’investissements considérables de la part de leurs propriétaires, animés d’une éthique industrielle et dotés de moyens importants.
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Dans les grands domaines médocains, l’ampleur et les dimensions des bâtiments de dépendance traduisent autant que le château la prospérité et le prestige des propriétaires. Ainsi la longue grange de Tronquoy-Lalande, qui porte la date 1826, semble interminable. Plus ancienne (1785), la grange de Laujac réunit sous une vaste toiture à longs pans étable, grange et hangar. Selon un plan différent, le bâtiment de Phélan Ségur associe également étables-granges et hangar pour l’outillage agricole, adossés aux logements pour le personnel du domaine.

Collectif :

Régions Aquitaine et Poitou-Charentes, service du Patrimoine et de l’Inventaire
Conseil général de la Gironde
Archives départementales.

Textes : Alain Beschi, Claire Steimer.
Avec la collaboration de Caroline Bordes, Jennifer Riberolle et Yannis Suire.
Photographies : Adrienne Barroche, Michel Dubau.
Avec la collaboration de Gilles Beauvarlet, Raphaël Jean, Christian Rome et Évelyn’ Perriat.
Carte : Martin Blažek

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