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Le lycée Gambetta de Tourcoing

Le lycée Gambetta de Tourcoing
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : septembre 2017

Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
144 pages
300 images

Collection Images du Patrimoine, n° 302

ISBN : 9782362191497

une histoire militante

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20,00 €

 

 

À PARAÎTRE LE 29 SEPTEMBRE 2017 !

Pionnier de l’enseignement secondaire républicain dans les terres du Nord, le lycée Gambetta est construit par l’architecte Carlos Batteur en 1885 à Tourcoing, ville qui connaît alors un formidable essor industriel. La municipalité impose un lycée laïque qui formera les enfants de la bourgeoisie locale aux fonctions d’encadrement dans l’industrie et le commerce. Depuis sa création, Gambetta est un des grands lycées de la métropole lilloise, y compris par sa taille : la monumentalité de ses 144 mètres de façade ne laisse pas indifférent !

Jusqu’en 2009, malgré l’augmentation constante du nombre d’élèves, deux guerres mondiales et les évolutions de la pédagogie, le lycée n’avait subi aucune modification. Une étude sur trois ans, basée sur de précieuses archives et documents anciens, a permis de mettre en lumière ce bâtiment emblématique de l’architecture rationaliste et hygiéniste du XIXe  siècle. Organisé autour d’un plan en grille qui répond aux exigences pédagogiques de l’époque, il est riche de particularités dues à son statut de « lycée d’enseignement spécial ».

L’étude a permis la redécouverte des collections pédagogiques de physique et de sciences naturelles, et a révélé le caractère exceptionnel de l’ensemble de modèles en plâtre acquis dès 1885 pour enseigner le dessin, qui devraient être protégés au titre des monuments historiques.

Chapitre I
Brève histoire de l’architecture des lycées
-    De la genèse architecturale des lycées à leur expansion
-    Pas de modèles, mais des principes !
-    Quel rôle pour l’État ?    
-    La parenthèse de l’entre-deux-guerres
-    Vive la trame !
-    Une architecture libérée : des lycées à vivre
-    Vade-mecum de l’histoire architecturale des lycées

Chapitre  II
Le lycée Gambetta d’hier à demain
-    Du projet au lycée
-    Le lycée en temps de guerres
-    5 générations plus tard

Chapitre  III
Un Grand Condé, deux spectroscopes, trois scarabées, quatre bustes antiques, et un raton-laveur : les collections pédagogiques du lycée
-    Éduquer l’œil et la main : des plâtres pour enseigner le dessin
-    La physique, fer de lance de l’enseignement spécial
-    Les sciences naturelles : un outil pour découvrir le monde    

IMAGES
Espaces particuliers et décors    
-    Les gymnases : anima sana in corpore sano    
-    Une chapelle dans un lycée laïque ?    
-    Les décors : une intervention discrète    

Les collections pédagogiques    
-    Un florilège de plâtres pour éduquer l’œil et la main    
-    Un cabinet de physique au service de l’enseignement spécial    
-    Une collection de sciences naturelles pour découvrir le monde

Annexes

 

Au cours du XIXe siècle, contrairement aux écoles primaires, l’État ne fournit pas de modèles architecturaux pour les lycées, malgré des instructions de 1843, 1860, 1881 et 1891 qui viennent compléter celles de Fourcroy. Elles fixent les grands principes architecturaux et listent les fonctions que doit abriter le lycée : enseignement, vie quotidienne des élèves et administration.

Toutes maintiennent le principe de séparation des enfants par âge. Chaque groupe d’âge, regroupé en quartier, bénéficie d’une cour de jeu spécifique et si possible d’un réfectoire, et chaque classe a une salle de cours, une salle d’étude et un dortoir dédiés. Il est tout de même précisé que l’accès aux équipements communs que sont les gymnases et la cour pour les exercices militaires, dont l’importance est amplifiée par les instructions de 1891, les salles de dessin, les amphithéâtres et les laboratoires de physique et de chimie, ainsi qu’à la chapelle, peut se faire en traversant d’autres quartiers, à condition d’être accompagné par un professeur.

Il est important de préserver les élèves de la tentation de la rue, aussi l’organisation des différents bâtiments se fait-elle de manière à ce que les salles de classe et d’étude en soient le plus éloignées. On accorde toujours autant d’importance à l’hygiène ou plutôt à la prophylaxie pour laquelle l’air et la lumière sont des alliés essentiels : les bâtiments doivent être en simple épaisseur pour laisser l’air et la lumière entrer dans toutes les salles de classe, lesquelles doivent être munies de hautes fenêtres pour favoriser la ventilation et de pupitres avec aussi peu de fixation au sol que possible pour permettre le nettoyage complet des sols. Chaque élève doit bénéficier d’une surface de 1,5 m2 et la hauteur de la salle doit être de 4 m minimum. Les murs des salles de classe et d’étude doivent être peints et vernis pour être lessivables. Les « privés » (ou cabinets d’aisance) doivent être installés dans les cours, à raison de quatre pour 100 élèves, en nombre égal aux pissotières, en faisant attention que les vents ne puissent ramener les odeurs vers les salles de classe.

Les cours doivent toujours bénéficier d’un ensoleillement maximum, être bordées sur le côté « des vents à redouter » d’un préau ouvert offrant 5 m2 par élève, et être plantées d’arbres avec un sol en gravillons ou en bitume afin d’éviter la boue. Les préaux fermés reliant entre eux les différents bâtiments doivent être largement vitrés et ouvrir sur les cours par de grandes baies, et peuvent être remplacés par des marquises dans les régions plus chaudes… Dans les grands lycées situés à la campagne, un bassin de natation et un manège avec ses écuries peuvent venir s’ajouter aux équipements scolaires. À côté des espaces liés à l’enseignement se trouvent ceux voués à la vie quotidienne des élèves : la lingerie et les cuisines, qui doivent bénéficier d’un accès indépendant et d’une cour spécifique appelée « cour de l’intendance » ; l’infirmerie, séparée du reste des bâtiments et disposant d’une cour pour les convalescents transformée en jardin clos à partir de 1860 ; un parloir auquel les parents peuvent accéder sans traverser les espaces d’enseignement ; enfin, une chapelle.

 

Région Hauts de France,
Inventaire du patrimoine culturel


Texte :
Karine Girard


Photographie :
Hubert Bouvet, Pierre Thibaut

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