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Histoires d’avant, l’apprivoisement du monde de la prématurité

27,00 23,00

[À paraître, disponible en souscription]

 

Publié par : Les Éditions Lieux Dits
ISBN : 9782362191602 Catégorie :

Nouvelle édition enrichie

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Un livre sur les bébés prématurés

Un livre tout en douceur pour revivre ou découvrir l’émotion de ces naissances différentes, celles des bébés prématurés. Pédiatre en néonatologie au CHU de Grenoble, Frédérique Berne Audéoud a photographié les bébés prématurés de son service. Loin du sensationnel et du spectaculaire souvent associés à la prématurité, elle transmet le quotidien de ces tout petits bébés, de leur famille, de leurs soignants.

Soignants en néonatologie, parents de prématurés… témoignages

Les photographies côtoient dans ce livre les textes tendres et bouleversants de pères et de mères confrontés à ces naissances où l’angoisse éclipse la joie. De nombreux soignants, dont le professeur René Frydman, « père » du premier bébé-éprouvette, témoignent de ces moments intenses de lutte, de doutes et d’émotion auprès des bébés prématurés.

La totalité des droits d’auteurs est reversée à l’association SOS prémas.

Par Frédérique Berne-Audéoud et un collectif d’auteurs, parents et soignants.
Photographe : Frédérique Berne-Audéoud

 

Dr Fabrice CNEUDE (pédiatre en réanimation néonatale CHU de Grenoble) Anne Gaelle HARLAUD (journaliste médicale)

Naître prématuré, ça veut dire quoi ?

Médicalement, on dit qu’une naissance est prématurée lorsqu’elle survient avant 37 semaines « d’aménorrhée », soit 37 semaines d’absence de règles pour la femme enceinte. L’âge d’une grossesse est en effet communément mesuré en semaines d’aménorrhée : le point de départ est alors le premier jour des dernières règles et non le jour de la fécondation, qui intervient en théorie au milieu du cycle mais peut varier considérablement d’une femme ou d’un cycle à l’autre et reste donc difficile à évaluer. Dans ces conditions, on estime que le terme d’une grossesse de durée normale se situe au bout de 41 semaines d’aménorrhée. Bien sûr, naître prématuré ne revêt pas la même signification et les mêmes risques pour tous les enfants nés avant 37 semaines d’aménorrhée. Suivant l’âge de la grossesse au moment de la naissance, on discerne la prématurité moyenne (de 33 semaines d’aménorrhée à 36 semaines d’aménorrhée + 6 jours), la grande prématurité (de 28 à 32 semaines d’aménorrhée + 6 jours), et la très grande prématurité (avant 28 semaines d’aménorrhée).

Pourquoi naît-on prématuré ?

Il existe de multiples raisons de naître prématurément. Dans certains cas, la naissance prématurée survient de façon fortuite, on parle de prématurité non consentie : c’est le cas par exemple d’accouchement prématuré suite à une hémorragie du placenta qui n’est pas en bonne place, ou suite a une rupture de la poche des eaux avant le terme de la grossesse, ou encore suite a une infection… Dans d’autres cas, c’est l’équipe médicale qui décide de provoquer la naissance prématurée en raison d’un risque pour l’enfant ou la mère, on parle alors de prématurité consentie ou induite : par exemple en cas de césarienne pour retard de croissance intra-utérin (pour différentes causes, la croissance du fœtus dans l’utérus peut être retardée par rapport à l’âge de la grossesse), ou quand la maman présente une hypertension artérielle qui met en danger sa vie et celle de son bébé. Cependant, dans de nombreux cas, on ne retrouve pas la cause du déclenchement prématuré de l’accouchement.

Pourquoi est-ce de plus en plus fréquent ?

Il est vrai que le taux de prématurité en France augmente : s’il était de 5,4 % (5,4 naissances prématurées pour 100 naissances), il avoisine actuellement les 7,5 % (7,5 naissances prématurées pour 100 naissances), soit environ 60 000 naissances annuelles. Cette augmentation, multifactorielle, est principalement liée au développement de la procréation médicalement assistée avec recrudescence du nombre des grossesses multiples, au recul de l’âge de la grossesse et à une majoration de la prématurité induite, l’attitude des équipes obstétrico-pédiatriques évoluant vers une extraction de plus en plus précoce des enfants en danger.

Y a-t-il des conséquences pour l’enfant ?

Les conséquences sont bien sûr corrélées à l’âge gestationnel : plus l’accouchement prématuré arrive tôt dans la grossesse, plus l’enfant né est immature. Le plus souvent, un enfant qui naît à 35 semaines d’aménorrhée ne pose aucun problème et peut rester à côté de sa mère. Par contre, celui qui naît à 28 semaines d’aménorrhée est transféré en réanimation néonatale où il sera perfusé (une perfusion est mise en place dans une veine de l’enfant pour administrer les traitements et éventuellement le nourrir), parfois intubé (une sonde nasale qui descend jusque dans la trachée, reliée à un respirateur, permet de l’aider à respirer) et où il recevra une surveillance neurologique (échographie cérébrale, électro encéphalogramme, etc.). Suivant l’âge de la grossesse à la naissance, et suivant les particularités de chaque nouveau-né, plusieurs défis médicaux peuvent se présenter pour l’enfant, sa famille et l’équipe médicale.

Quels sont les risques à court terme ?

L’immaturité à la naissance implique un risque de défaillance plus ou moins marquée de plusieurs organes et fonctions vitales du nouveau-né parmi lesquelles : L’immaturité pulmonaire : le poumon mature synthétise une substance appelée « surfactant » qui tapisse et permet le bon fonctionnement des alvéoles pulmonaires. Ces alvéoles, qui sont le lieu où se font les échanges gazeux entre l’air et le sang, permettent d’assurer la respiration. La possibilité de synthétiser le surfactant apparaît, en moyenne, après la 32e semaine d’aménorrhée, c’est pourquoi le poumon immature du nouveau-né prématuré est souvent déficient en surfactant. Ce qui va entraîner une pathologie respiratoire appelée « maladie des membranes hyalines ». À la naissance, pour essayer d’établir des échanges gazeux efficaces, l’enfant pourra recevoir à la fois un traitement symptomatique, avec un apport d’oxygène, et curatif, par administration d’un surfactant médicamenteux. La dépendance à l’oxygène peut durer plus d’1 mois chez certains enfants, on parle de « dysplasie bronchopulmonaire ». Lorsqu’il est possible de prévoir un accouchement prématuré, l’administration à la mère de corticoïdes avant l’accouchement permet d’accélérer la maturation des poumons et de limiter les risques respiratoires du nouveau-né. L’immaturité du rythme cardio-respiratoire : les défaillances du système respiratoire peuvent facilement se traduire chez l’enfant par des pauses respiratoires appelées « apnées ». Le rythme cardiaque aussi est inconstant, son ralentissement ou « bradycardies » peut fréquemment se produire, favorisé par certaines circonstances : apnée, anémie, reflux gastro-œsophagien, douleur… Compte tenu de cette immaturité, une surveillance du rythme cardio-respiratoire par un appareil électronique ou monitoring est indispensable. L’immaturité digestive : l’immaturité digestive des prématurés concerne la coordination de la succion-déglutition (capacités du bébé à pouvoir téter seul), la motricité du tube digestif, la digestion et l’absorption des nutriments. Le plus souvent, à la naissance, une sonde gastrique sera mise en place pour alimenter l’enfant par du lait, soit maternel, soit spécifique pour prématuré. À partir de 34 semaines d’aménorrhée, la succion-déglutition devient de mieux en mieux coordonnée et la sonde gastrique peut être retirée. En cas de grande prématurité, l’alimentation est assurée par une perfusion veineuse. Il existe également une immaturité du foie qui ne peut remplir correctement ses fonctions et qui se traduit chez l’enfant par un ictère (jaunisse) parfois prolongé. L’immaturité du système immunitaire : l’immaturité du système immunitaire explique que les prématurés soient particulièrement susceptibles aux infections, notamment lorsque leur état exige la mise en place de dispositifs comme une sonde d’intubation ou une perfusion. L’immaturité neurologique et sensorielle : le cerveau en développement du prématuré est fragile et particulièrement vulnérable aux lésions à la fois hémorragiques et ischémiques (défaut d’apport en oxygène) pendant la fin du 2e et le début du 3e trimestre. Une surveillance par électroencéphalogramme et par échographie à travers la fontanelle (membrane de cartilage sur le dessus de la tête entre les os du crâne qui ne sont pas encore soudés) est systématiquement mise en place. Les éventuels troubles visuels sont aussi sous haute surveillance. Les atteintes de la rétine, possibles chez le prématuré, sont dépistées par la réalisation d’un examen ophtalmologique ou « fond d’œil ». Les formes peu sévères régressent spontanément. Les formes évoluées bénéficient d’un traitement par laser ou application locale de froid (cryoapplication). La persistance du canal artériel : le canal artériel est un vaisseau qui relie l’aorte à l’artère pulmonaire. Il est présent durant la vie fœtale et doit se fermer après la naissance au bout de quelques jours. Si le canal artériel persiste, visiblement ouvert et large à l’échographie du cœur, un traitement médical est mis en place. Si ce traitement médical ne suffit pas, un traitement chirurgical peut parfois être nécessaire. L’anémie : l’anémie, qui est le manque de globules rouges dans l’organisme, a plusieurs origines chez le prématuré : les prélèvements sanguins répétés, le manque de réserve en fer et la carence en érythropoïétine, hormone synthétisée par le rein et stimulant la synthèse des globules rouges. Si elle est importante, une transfusion peut être nécessaire.

Que se passe-t-il à long terme ?

Le devenir des enfants est également étroitement corrélé au moment de la naissance. Le nombre d’enfants prématurés atteints de séquelles motrices diminue en effet avec l’âge de la grossesse : 8 % environ avant 28 semaines d’aménorrhée, entre 3 et 6 % de 28 à 31 semaines d’aménorrhée contre 1,5 % à terme. Les troubles de l’apprentissage par hyperactivité, déficit d’attention ou de coordination sont en outre plus fréquents qu’en cas de naissance à terme et nécessitent un suivi prolongé pour être dépistés et pris en charge.

Comment évolue le pronostic pour ces nouveaux-nés ?

Heureusement, le pronostic pour les enfants prématurés évolue favorablement. Grâce au développement des techniques de soins qui ont révolutionné le pronostic du prématuré en terme de mortalité et de morbidité : moins de décès et moins de séquelles liées à la prématurité. Mais aussi grâce à une « humanisation » des soins : même si des progrès restent à faire, une attention particulière aux parents (horaires de visites assouplis, contacts précoces entre les enfants et leurs parents…) et un respect de cet enfant prématuré (amélioration de son confort, lutte contre la douleur) contribuent à améliorer le pronostic à long terme du devenir de l’enfant dans sa globalité.

Parution : 5 octobre 2018
Couverture cartonnée
Format : 20 x 20 cm
180 pages
140 images

Informations complémentaires

Poids 1.6314207401681 kg