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Les orgues de la cathédrale de Bayeux

Les orgues de la cathédrale de Bayeux
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Avril 2014
Couverture souple à rabats
Format : 11 x 22,50 cm
48 pages
72 images

Collection Parcours du Patrimoine

ISBN : 9782362190940

De l’instrument médiéval aux Cavaillé-Coll

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5,00 €

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Les orgues de la cathédrale de Bayeux ont une longue histoire, remontant au Moyen Âge. Dès le XIIIe siècle, un orgue était situé sur une tribune en surplomb toujours visible aujourd’hui. Ce premier instrument a été détruit en 1562, mais il fut remplacé par un grand instrument classique, construit en 1597 par Jean d’Argillières. Le buffet de cet orgue existe encore en grande partie. En revanche, la partie instrumentale (tuyaux et mécanisme) a été entièrement refaite au XIXe siècle.

Tel qu’il se présente aujourd’hui, le grand orgue de Bayeux est l’œuvre du facteur Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899), le plus célèbre de l’époque. Il a été inauguré en 1862, peu de temps après l’orgue de chœur construit par le même facteur. Les deux instruments sont restés dans leur état d’origine : ils sont désormais classés monuments historiques.

Le grand orgue de Bayeux figure parmi les plus belles réalisations de l’illustre facteur, comme Saint-Sulpice de Paris, Saint-Sernin de Toulouse et Saint-Étienne de Caen.

Le clergé de la cathédrale ne put entreprendre la reconstruction de l’instrument que trente-cinq ans plus tard. Entre-temps, le chapitre s’était préoccupé de reconstituer le mobilier indispensable à l’exercice de ses fonctions, à commencer par les stalles, également détruites. Jacques Lefebvre, huchier caennais qui avait réalisé les stalles en 1589, fut aussi chargé de sculpter le buffet d’orgue en 1596. La partie instrumentale fut construite par le facteur parisien Jean d’Argillières, comme nous l’indique la Chronologie des evesques :
« Pareillement, le buffet de l’orgue fut fait pas ledit Le Febvre, qui eut pour sa peine 900 livres en luy fournissant le bois. Et Maistre Jean d’Argilliers (sic), facteur d’orgue à Paris, eut la somme de 2 800 livres pour sa peine seullement, sans l’estain et les autres matereaux que le chapitre fournit, qui cousterent 12 000 livres »

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Pour se faire, Mgr Didiot fait appel à la générosité des fidèles. Ayant déjà utilisé cette méthode pour le financement des importants travaux de la tour centrale, il ne doute pas du succès de l’opération. Le 3 septembre 1859, il publie un document intitulé « Mandement de Monseigneur l’Évêque de Bayeux et Lisieux à l’occasion de la restauration de l’Église cathédrale et du rétablissement du grand orgue », beau morceau d’éloquence ecclésiastique, destiné à être prononcé en chaire par l’évêque lui-même et par les curés du diocèse. Après un développement sur le chant, « langue maternelle de la prière », il ajoute :
« Il faut à cette langue de la prière un organe, un instrument qui réponde à toute la noblesse de sa destination ; et, n’en soyons pas en peine, l’Église saura y pourvoir… Elle s’emparera de l’orgue, comme d’un instrument qui lui appartient, et dans ses mains il acquerra une telle dignité qu’il deviendra l’instrument religieux et catholique par excellence. Trop grand pour les palais eux-mêmes, il lui faudra des temples pour demeure ».

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Le pédalier est un clavier que l’organiste joue avec les pieds : il comprend l’équivalent des touches blanches et noires des claviers manuels (mais de plus grosse taille). En avant du pédalier, à gauche de la pédale d’expression, sont situées les pédales commandant les accouplements* (entre claviers manuels) et les tirasses* (reliant le pédalier et les claviers manuels). À droite de la pédale d’expression se trouvent les pédales d’appel : celles-ci permettent à l’organiste de mettre en branle certains jeux (surtout les jeux d’anches, Trompettes, Clairons, Bombarde etc.). À l’extrême droite, la pédale de trémolo produit un effet de vibrato sur les jeux du Récit.

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En 1996, la maison Renaud-Ménoret de Nantes a été chargée par l'État, propriétaire des orgues comme de la cathédrale, d’une remise en état à nouveau indispensable : dépoussiérage, réglage de la mécanique, vérification des sommiers, rétablissement des pressions, changement du ventilateur, remise en peau de la machine de type Barker, réfection des dessus de trois Clairons (ceux des claviers manuels), restitution de 3 jeux altérés du Positif (Flûte harmonique de 8 pieds, Quintaton de 8 pieds, Cromorne de 8 pieds). En somme, plus que d’un simple relevage, il s’agit d’une restitution de l’orgue d’origine, le Cavaillé-Coll de 1862, gravement affecté par les relevages du XXe siècle.

Direction de l'Inventaire du Patrimoine
de la Région Basse-Normandie

Par François Neveux
Photographes : Manuel de Rugy, Pascal Corbierre,
Anastasia Anne

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