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Vitraux de Normandie

Vitraux de Normandie
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Mars 2018
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
138 pages
180 images

Collection Images du Patrimoine, n°301

ISBN : 9782362191503

Une histoire de la Grande Guerre

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À PARAÎTRE EN 2018 !

Avec pas moins de 300 œuvres créées en relation avec la Première Guerre mondiale, la Normandie est particulièrement riche en verrières dites commémoratives. Les premières sont posées dès 1916, alors que les évêques appellent à inscrire dans le marbre ou sur le verre les noms des paroissiens morts sur des terres lointaines. Forte de son engagement dans la guerre, l’Église souhaite faire passer des messages forts, la promesse du salut divin pour les soldats sacrifiés mais aussi l’attachement chrétien à la nation. Ces verrières, mi-religieuses, mi-patriotiques, prolongent et célèbrent ainsi l’Union sacrée. Jusque dans les années trente, des centaines de paroisses normandes offrent des verrières, dans une démarche tantôt individuelle, tantôt collective.
Pour les maîtres verriers, la représentation des souffrances liées à la guerre est un exercice inédit et difficile. Si la plupart réadaptent des images traditionnelles, beaucoup sont amenés à composer des œuvres originales. Quelques ateliers abandonnent le style académique pour exprimer ce drame contemporain dans une esthétique nouvelle teintée d’Art déco.
Cet ouvrage offre un éclairage nouveau sur ce patrimoine de verre fragile et menacé, ses commanditaires et ses créateurs, et révèle la richesse et la diversité de l’art du vitrail en Normandie.

Introduction
- La commande
- L’image dans le vitrail : réutilisation, adaptation et création

Un patrimoine en images
- Commémorer
- Identifier les combattants
- Financer
- Reprise de modèles
- Les « alliées du ciel »
- L’ultime apparition
- Les ateliers régionaux
- Des ateliers parisiens

Annexes / Repères bibliographiques / Glossaire

Né après la défaite de la France à Sedan en 1870, le vitrail du souvenir a connu avec la Première Guerre mondiale un développement considérable, signe du traumatisme inédit et durable qu’elle a provoqué. La Normandie ne reste pas à l’écart de ce phénomène et participe avec ferveur à l’élan commémoratif, qui se manifeste partout en France au lendemain du conflit et auquel le clergé catholique prend part activement. La pratique religieuse est encore forte dans la région et l’église, très fréquentée en ce début de XXe siècle, va devenir, plus qu’elle ne l’a jamais été, le lieu du souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour la patrie. Le vitrail n’est pas le support privilégié de ce message mémoriel, qui prendra avant tout la forme de monuments aux morts érigés dans presque toutes les paroisses et communes de France. Mais il offre une expression imagée propre à toucher les sensibilités – plus que de simples listes épigraphiques – et vient ainsi apporter son concours au processus de commémoration. Financer une verrière pour honorer les victimes de la guerre va permettre à la paroisse de participer à l’édification de cette mémoire.

LE CURÉ : UN COMMANDITAIRE

Bien que l’identification des commanditaires ne soit pas toujours aisée, souvent faute d’archives, le curé apparaît le plus souvent comme le véritable maître d’ouvrage des programmes commémoratifs de la Grande Guerre. Personnage encore central au sein des paroisses normandes, il joue un rôle important dans l’accompagnement du deuil familial et collectif. L’abbé Fauchon, curé de Saint-Ébremond-de- Bonfossé, invite ses paroissiens, dès la fin de l’année 1916, à « honorer les premières victimes de la guerre en plaçant leurs portraits au bas de vitraux de la nef et du choeur ». Pour le curé de Nocé (Orne), la mise en œuvre d’un programme de trois verrières patriotiques au printemps 1918 doit être « un hommage de reconnaissance, un témoignage de confiance et une prière » pour que cessent rapidement les hostilités. « Ces vitraux rediront aux siècles à venir les noms de nos glorieux héros », clame le curé de Bouillon (Manche) lorsqu’il bénit, le 11 novembre 1919, les deux nouvelles verrières offertes par ses paroissiens.

L’ULTIME APPARITION - LE SOLDAT FACE À DIEU

Gerponville, atelier Houille (1935) René Houille, maître verrier originaire de Beauvais dont le père fut formé à Rouen chez Boulanger, réalise tardivement cette verrière pour la petite commune de Gerponville (Eure). Son soldat mourant est repris sur des modèles anciens, mais l’œuvre que propose le maître verrier s’inscrit dans une démarche artistique résolument modernisée. La spirale partant des pieds du soldat étendu, entourant la croix du Christ pour aboutir à la couronne de lauriers tendue par l’ange, donne à la composition une belle dynamique. L’harmonie des couleurs froides et la palette très recherchée confèrent à l’œuvre une atmosphère originale. Houille taille audacieusement le corps du Christ dans un verre bleuté qu’il dégrade finement à l’acide, afin de révéler des zones de transparence. Les ombres, figurées par de fines hachures verticales, traduisent de manière saisissante l’apparition divine en donnant à la figure l’impression d’un hologramme.

Direction de l'Inventaire général, Région Normandie
Texte : Philippe Chéron, Sophie Delauney
Photographies : Christophe Kollmann, Patrick Merret.

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