ZENG Nian – Photographies panoramiques

960,00

Publié par : Les Éditions Lieux Dits
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Découvrez l’œuvre unique du photographe franco-chinois Zeng Nian dans ce portfolio de 60 tirages numérotés (dont un signé par l’artiste). Ce magnifique coffret contient, outre une sélection des plus beaux panoramiques de l’artiste, trois livrets de textes (français, anglais et chinois), un chevalet de présentation en bois et des gants de manipulation.

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Zeng Nian

Né en Chine, il se passionne pour la photographie à 12 ans, orphelin livré à lui-même en pleine Révolution culturelle. Malgré la tragédie familiale, il conserve le goût du beau et de l’esthétique que lui avaient inculqué ses parents. Il sera 11 ans marin sur le fleuve Yangtsé, chargé du journal-photo de son unité de travail. Marié en 1984 à une Française rencontrée à Pékin, il s’installe en 1990 à Paris et entame une carrière de photo-reporter pour les grands médias mondiaux (New York Times, Géo, Paris Match…). Il travaille et expose aujourd’hui en France et en Chine et est l’auteur aux éditions Lieux Dits du livre Chine, les Trois Gorges.

Photographies panoramiques

Ces 60 clichés témoignent d’une photographie humaniste, sobre et picturale, reprenant parfois les caractéristiques de l’estampe chinoise. Les images, prises essentiellement en Chine, en France et aux États-Unis, s’enchaînent dans un jeu de correspondances qui associent l’eau, le fer, le feu, le bois et la terre, cinq éléments ayant servi, d’après les anciens Chinois, à construire notre planète. Les locomotives répondent aux fleurs de lotus, les rizières aux cathédrales. Quant à l’homme, qui souvent n’est rien aux yeux de ses contemporains, Zeng Nian lui redonne sa place. Il est le sujet de notre contemplation, presque un dieu.

Cet objet précieux, pérenne, permet aux amateurs de photographie et de livres d’artistes, aux collectionneurs, d’admirer dans un écrin somptueux l’impressionnant travail photographique de Zeng Nian.
Les 60 tirages, d’une qualité exceptionnelle, peuvent aussi être encadrés, présentés sous forme d’exposition ou comme décoration intérieure d’un bâtiment (entreprise, hôtel, administration…).

Édition de luxe.
Tirage limité à 250 exemplaires pour la France.

Coffret satiné imprimé.
Chevalet de présentation en bois.

Portfolio de 60 photographies réalisées en offset et trichromie sur papier 350 grammes.
Vernis/gaufrage.
Livrets (français/anglais/chinois).
Planches numérotées avec signature de l’artiste sur l’une d’elles.

Coffret de 72 x 36 x 6 cm.

Gants pour la manipulation fournis.

ISBN : 9782362190872

Le mot de l’éditeur

J’ai rencontré Zeng Nian pour la première fois au Salon du livre de Paris en 2010.
Son travail m’a immédiatement séduit.
Bien sûr il y avait l’imposante présence du format panoramique.
Bien sûr il y avait le noir et blanc qui sublime la réalité.
Mais avant tout il y avait l’homme.
Et surtout le travail de Zeng Nian respire l’humanité.
Une véritable atmosphère de réalité, de simplicité, que l’on souhaiterait croiser plus souvent. Et bien sûr c’était beau.

Depuis ce jour, nous avons fait un bout de chemin ensemble, chemin qui se poursuit, et jamais, dans nos relations, je n’ai été déçu. Pas plus que sa photographie ne m’a déçu.

Zeng Nian est un artiste. Il nous impose un univers où la lumière et les formes se disputent le cadre. D’une scène de vie champêtre il fait un tableau où le mouvement est sous-tendu dans l’immobilité.
La lumière pousse derrière cette masse noire qui ne la laisse pas passer. Ou si peu. Une concession sur un bord.
Et l’homme est déjà un dieu. Un sujet de contemplation. Lui qui souvent n’est rien aux yeux de ses contemporains.
Zeng Nian lui redonne sa place.
C’est cet animal qui nous repousse du pied comme pour signifier que cette terre nourricière est la sienne et qu’il n’y faut pas toucher.
Il tend des ponts vers le ciel, mais si fragiles que l’on pressent que les emprunter c’est déjà prétendre à la légèreté.
La tour Eiffel n’est plus qu’un lustre.

Mais Zeng Nian c’est aussi un bénédictin, un mineur de fond. Chacun s’y reconnaîtra.
Le moindre de ses sujets représente des années de prises de vue.
Il y retourne, il cisèle, il remodèle, il torture, il réfléchit et y retourne encore.
Il cherche, il trouve. Les gens, la lumière.
Il jette, il réexhume. Il trie, il organise.
Il tire, il retouche, il imprime, il encadre, il éclaire. Il recolle.

Rien n’est laissé au hasard.
Sa vie de marin sur le fleuve Yangtsé, sa carrière de photo-reporter, l’arrivée du numérique et les tourments de la presse écrite.
Cela permet surtout à Zeng Nian de saisir l’essentiel et de nous le livrer sans compassion et sans moralité déplacée,
avec une simplicité qui parle à tous.
Ses images sont évidentes, immédiates. Elles ignorent, elles méprisent même, la barrière du filtre culturel, intellectuel et social. Elles s’adressent sans détour au Chinois comme au Français, au paysan comme au cadre, à l’enfant comme au sage.
Zeng Nian produit une œuvre véritable, lucide et belle.

Soutenir son travail, c’est offrir à la photographie honnêteté et persévérance.

Alain Franchella

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ZENG NIAN : LE MONDE
ENTRE ORIENT ET OCCIDENT

Au premier rendez-vous, à mon bureau, ce qui m’a plu, chez Zeng Nian, c’était son impassible ingénuité. Un sourire qui désarçonnait. Une conviction incroyable. Une candeur qui semblait surgie d’un autre monde. Cet autre monde, je l’avais compris dès l’appel téléphonique d’un ami me demandant de regarder son travail sur le net, n’était autre que la Chine de l’absolu, celle, supérieure, capable d’établir des théories universelles à partir de concepts simples, de se perdre dans la contemplation de la nature, de voyager très loin de ses limites et de se regarder d’un œil critique.

Zeng Nian est arrivé, pour ce premier rendez-vous, bardé d’encombrants volumes renfermant ses précieux tirages noir et blanc. Des gants immaculés jaillissaient ses clichés du barrage des Trois Gorges, commandés par le New York Times Magazine il y a plus de dix-sept ans, de cette vallée engloutie sous les eaux et de ces trésors patrimoniaux disparus à jamais. S’y mêlaient des photographies rigoureuses de poutres métalliques ou de bois, Hong Kong et Times Square, des vues de paysages français où l’on reconnaissait aussi bien Paris et Reims que le Lubéron et la Normandie. Et puis, des locomotives et des fleurs de lotus, des rizières et des cathédrales. Derrière le photoreporter se cachait un véritable plasticien. Il m’expliqua qu’il voulait faire un livre de ses panoramiques impeccables, qu’il en avait déjà conçu la maquette et qu’il voulait une préface. Nous avons parlé de la précision de ses images et de sa décision de n’utiliser que le large format 6 ´ 17. Écoutant mes remarques avec placidité, il rangea ses albums et attendit ma réponse.

À la deuxième rencontre, la mise en page de son livre avait changé. Il avait vu entre-temps le Jazz de Matisse. De ce recueil de planches reprenant les célèbres papiers découpés du peintre français, Zeng Nian avait voulu garder pour son propre ouvrage la structure libre, les pages pliées, non reliées. À la simple lecture horizontale de l’ouvrage publié en 1947 par Tériade, il ajoutait la possibilité de déplier à la verticale les feuilles reproduisant ses photographies conçues dans le sens de la hauteur. Il voulait un livre-objet aux papiers différents, aux savantes recherches typographiques, aux reliures sophistiquées dans la plus pure tradition extrême-orientale. L’ordre et le choix des images avaient également changé. Comme je le lui avais suggéré, il avait réintroduit quelques-uns de ses fameux clichés du barrage des Trois Gorges, surtout les plus humains, ceux qui venaient dialoguer avec les compositions abstraites ou les paysages et les vues de villes désertes que j’avais déjà observés. En quinze jours, le livre avait complètement évolué. Raisonnablement, méticuleusement, il avait donné une nouvelle logique à son projet éditorial.
Quel était celui-ci ? Au départ, rappelait-il modestement, une tentative pour évoquer le monde à travers le fer, le bois, l’eau, le feu et la terre. Cinq éléments ayant servi, d’après les anciens Chinois, à construire notre planète. « Mais j’ai rapidement abandonné cette idée présomptueuse, avoue Zeng Nian, car personne ne peut dire qu’il a photographié tout l’univers. » Puis, peu à peu, un jeu de correspondances a germé parmi toutes les photographies accumulées depuis 1996. Une ou deux images du barrage des Trois Gorges, bien sûr, car il y retourne régulièrement depuis bientôt vingt ans. Des travaux personnels sur la nature, les arbres, l’architecture ancienne ou contemporaine, la France (devenue capitale pour lui depuis son mariage en 1984 avec Catherine, une Française résidant à Pékin, et leur installation à Cachan cinq ans plus tard), les États-Unis et la Chine… Tout en laissant de côté les récents portraits faits de collages d’images numériques.
Le présent ouvrage rassemble donc des compositions photographiques presque picturales (le père de Zeng Nian était professeur de peinture à l’Institut des beaux-arts de Nankin et lui-même a étudié la peinture alors qu’il était marin) ou reprenant certaines caractéristiques de l’estampe chinoise. D’abord par le format panoramique, qui lui permet de souligner les longues verticales ou horizontales de ses clichés : il faut garder en mémoire la chaîne continue des bras de ces poseurs de dynamite vus en plongée dans le reportage sur le barrage des Trois Gorges ; il utilise également ce cadre très étiré pour opposer vides et pleins, noirs et blancs dans ce cliché des porteurs à Chongqing où à la masse sombre des sacs de remblais répond le ciel du port désespérément brumeux. Enfin, pour ne reprendre que l’image la plus célèbre de cette série, Trois bûcherons sur l’ancienne piste creusée dans le rocher surplombant la porte de Kui (kuimen), Zeng Nian rythme son panoramique des lignes fixes et denses de ces trois témoins « bouleversés par la construction de l’énorme barrage qui vient transformer toute leur vie ». De la peinture chinoise de paysage vient également cette relation « montagne et eau » que l’on retrouve aussi bien dans cette vue de la plaine de Champagne que dans cette photographie de cerisiers en fleur avec le rocher du Mont-Saint-Michel en arrière-plan. Les éléments s’y fondent en une harmonie digne d’un paysage shanshui.

De la photographie européenne, Zeng Nian a pris certains poncifs faits de construction rigoureuse et de sobriété allusive à la Rodtchenko ou à la Renger-Patzsch. Ainsi de cet encorbellement de pagode qui devient une abstraction purement décorative. Ainsi de ces rails de chemin de fer redressés vers le ciel qui ressemblent à des gratte-ciels new-yorkais ou à Shanghai.
Enfin, grâce aux rapprochements que permet son livre aux feuilles pliées, Zeng Nian crée des collusions visuelles et formelles quasi surréalistes. Au solide pont de chemin de fer construit par les Français en Chine au début du xxe siècle répondent les faibles traverses d’une passerelle en bois au Laos. À la photographie prise d’un bombardier succède une vue plongeante sur les immeubles de Shanghai. Aux hutongs pittoresques des vieux quartiers de Pékin succèdent un plan large de la place de l’Étoile à Paris ou les dessous de la tour Eiffel.

L’ouvrage se déploie en renvois formels, miroirs visuels ou associations poétiques. Du plus petit détail au grand angle vu d’en haut, une vision humaniste du monde. Et si parfois la critique apparaît, c’est dans les marges qu’il faut la chercher. Ténue, douce-amère, quelquefois tragique. Comme dans le cliché de ces touristes chinois ou étrangers se faisant photographier, optimistes et le sourire au coin des lèvres, devant le menaçant barrage des Trois Gorges en cours de construction. Ou dans la photographie de ce cimetière hâtivement construit sur les dépouilles d’enfants morts lors d’un tremblement de terre ayant détruit leur école qui n’était pas aux normes.

De sa recherche des réalités sociales et culturelles d’une Chine en pleine mutation, Zeng Nian nous rapporte des images teintées de nostalgie, dures parfois, mais pleines d’humanité. Grâce à la passerelle qu’il a bâtie entre l’Orient et l’Occident, il a su créer des images aux réelles qualités plastiques. De l’ingénuité que j’avais cru déceler en lui lors de notre première rencontre, je ne garderai que le sourire placide, qui cachait en fait une profonde lucidité et une volonté tenace de montrer sa propre vision du monde.

Guy Boyer – Journaliste et critique d’art, ancien directeur de Beaux Arts Magazine puis de la revue L’ŒIL, aujourd’hui directeur de la rédaction de Connaissance des Arts.

 

Photographies : Zeng Nian

Préfaces : Guy Boyer, Alain Franchella

Informations complémentaires

Poids 24.250848840337 kg
Dimensions 72 x 6 x 36 cm