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Architecture du XXe siècle Grand Est

Architecture du XXe siècle Grand Est
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : 9 mars 2018
Couverture cartonnée gaufrée avec jaquette
Format : 24,3 x 29 cm
288 pages
300 images

Hors collection - Beau livre

ISBN : 9782362191480

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À PARAÎTRE LE 9 MARS 2018 !

 

 

Ce beau livre illustré regroupe une sélection de bâtiments qui en région Grand Est ont obtenu le label « patrimoine du XXe siècle », devenu depuis le 7 juillet 2016 le label « architecture contemporaine remarquable ». 

Dus à des architectes de renom international (Renzo Piano, Jean Nouvel), à des maîtres d’œuvre plus modestes ou à des ingénieurs, les exemples proposés sont soit exceptionnels dans leur programme (la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg ou l’attraction « Anaconda » du parc Walygator, près de Metz) soit parfaitement représentatifs d’une typologie singulière à certains moments du siècle (comme la Reconstruction post-conflits, la construction de grands sièges sociaux d’entreprises dans les années 1970 ou les piscines Tournesol) et font appel à des matériaux et des techniques de mise en œuvre variés.

Chacun des 11 chapitres correspond à un thème : apprendre/reconstruire/prier/travailler/se divertir/produire… Chaque création architecturale est replacée dans son contexte et commentée par un spécialiste, tandis que les photographies parfois spectaculaires dévoilent des angles de vue moins connus du grand public. L’ensemble met en exergue la richesse du XXe siècle en matière d’architecture et la vitesse avec laquelle elle prend forme et se transforme sous le coup des conflits qui ont traversé ce territoire, des booms et crises économiques, de la démocratisation de la cité notamment en matière d’instruction et de culture, mais aussi de production et consommation.

 

APPRENDRE 

École Dury – Châlons en-Champagne / Amphithéâtres de la faculté Droit et Lettres – Reims / Internat du lycée Fabert – Metz /  Faculté des Sciences et Technologies – Vandoeuvre-lès-Nancy

COMMÉMORER

Monument national du Silberloch – Wattwiller / Hôtel de Ville – Vouziers / Chapelle de Lumière – Mousson

ORGANISER LA VIE PUBLIQUE 

 Cour européenne des droits de l’Homme – Strasbourg /  Hôtel de Ville – Sermaize-lès-Bains

 / Palais de Justice – Charleville-Mézières / Inspection académique – Chaumont /  Hôtel de Ville – Villerupt / Sarre (Allemagne)- Ambassade de France – Sarrebruck

PRIER

Église Saint-Arbogast – Herrlisheim / Grande synagogue de la Paix – Strasbourg /  Sainte Jeanne d’Arc – Charleville-Mézières / Église Sainte-Thérèse – Saint-Dizier /  Église Saint-Vincent-de-Paul – Reims /  Église Sainte-Thérèse-de-l’Enfant-Jésus – Vasperviller / Chapelle Notre-Dame-des-Chaumes - Le Valtin / Église Sainte-Jeanne-d’Arc – Verdun

PRODUIRE 

- Usine Ricola – Brunstalt / Gaz de Strasbourg – Strasbourg /  Ancien atelier de montage de la société NSC dit Le Louvre – Guebwiller /  Ancienne boulonnerie Parent dite « usine de Consevoye » - Gercourt-et-Drillancourt /  Ancienne usine de tissage Claude – Gérardmer / Ancien carreau de la mine de charbon – Faulquemont

RECONSTRUIRE 

Ammerschwir /  Porte de Bâle – Mulhouse / Moyenvic /  Eton /  Saint-Dié

SE DÉPLACER

 Échangeur autoroutier de la Croix de la Hardt – Sausheim /  Marquises de la gare SCNF – Reims /  Rotonde SNCF – Chalindrey / Passerelle d’Orzy – Revin / Pont de Fumay – Revin /  Plan incliné du canal de la Marne au Rhin dit « Saint-Louis – Arzviller » - Arzviller

SE DIVERTIR

Walygator – Maizières-lès-Metz

- Piscine Tournesol Roger Mercier – Bruyères - Piscine Caneton, Sézanne /  Cinéma Lux – Montmédy / - Sarre (Allemagne)- Émetteur Europe 1 – Berus

SE LOGER 

 Cité Rotterdam – Strasbourg / Tour de l’Europe – Mulhouse / HBM, Villa Jules Guesde – Troyes / Les Pyramides – Épernay / Maison Dick – Saint-André Les Vergers /  Maison Ledermann – Lunéville /  Tour Joffre Saint-Thiébaut /  Cité U Montbois – Nancy / Cité Senn – Villers-lès-Nancy / Immeuble « Les Peignes » - Sedan / Les toits rouges Saint-Dizier /  Maison Pierre Meyer à Orschwhir

SE RENCONTRER

- Centre d’Interprétation du Patrimoine (C.I.P.) – Lichtenberg

- La Halle – Vitry-le-François

- Maison de la Culture – Reims / Les Silos – Chaumont (52)

TRAVAILLER 

- Tri Postal – Châlons-en-Champagne /  Hôtel des Postes – Reims / Bâtiment EDF – Charleville-Mézières /  Siège SNVB – Nancy /  Inspection académique – Chaumont

Que nous révèle cette vision panoramique sur un siècle de construction dans dix départements français ?
Un parfait résumé des tendances et des réflexions théoriques qui ont structuré le travail des architectes
français au cours de ces décennies. Dans son livre Architecture en France (1940-2000), le théoricien
de l’architecture Jacques Lucan prend soin de distinguer deux branches du mouvement moderniste.
L’une qui revendique l’architecture comme une œuvre plastique, à l’instar du travail de Le Corbusier et
de son « acoustique des formes » ; l’autre qui considère l’architecture comme expression d’un modèle
constructif, tel qu’on peut l’observer chez Jean Prouvé. À travers ses 64 monographies, Architecture du
XXe siècle, Grand Est met en valeur plusieurs exemples illustrant la diversité des possibilités offertes par ces deux conceptions. Par son histoire mouvementée au cours du siècle dernier, le Grand Est a en effet été naturellement au cœur, voire parfois à l’initiative, de nombreuses expérimentations architecturales.

L’industrialisation rapide de villes et de territoires entiers à la fin du XIXe et du XXe siècle a été un premier facteur d’innovation. Celle-ci s’est traduite par la recherche constante d’une réponse rationnelle à des besoins fonctionnels. C’est le cas de l’usine Ricola où le besoin de lumière commande la réponse architecturale. Elle a aussi amené de nouvelles solutions à la question de l’habitat ouvrier. À l’initiative de philanthropes qui, à Reims comme à Nancy, se rassemblent dans des sociétés anonymes d’habitations à bon marché, des programmes de logements sociaux avant-gardistes voient le jour pendant l’entre-deux-guerres. La cité Senn à Nancy illustre ce mouvement.

Les trois Reconstructions (après 1918, entre 1940 et 1944 et après 1945) offrent des occasions
d’expérimentation sur un tissu urbain abîmé. La première d’entre elles donne lieu à des expressions
contrastées, fruit de la relative liberté laissée par les pouvoirs publics. La reconstruction de Reims marque les esprits par son importance et par la nouveauté des formes employées, comme en témoigne l’hôtel des Postes construit de 1923 à 1930.

Après 1945, sous l’influence du ministre Claudius Petit, les départements du Grand Est sont l’objet de
débats et d’expérimentations. Le Corbusier, qui a été candidat malheureux à de nombreux projets dans
la région, tente d’imposer sa vision radicale d’un nouvel urbanisme (héliothermisme et ordre ouvert)
à Saint-Dié-des-Vosges. Bien souvent, ces solutions sont rejetées, au profit de tentatives de concilier
exigence de modernité et besoin des populations. C’est le cas à Ammerschwihr, dont la reconstruction
menée après 1945 emprunte beaucoup à la tradition locale, et peut être plus encore à Vitry-le-François
où les halles dessinées par André Contenay en 1952 expriment cette volonté de synthèse.

Les Trente Glorieuses et l’explosion des besoins en logements et en activité de loisirs entraînent
l’architecture du Grand Est vers la massification, où industrialisation des processus de production des
logements et application parfois dogmatique de l’esprit de la charte d’Athènes conduisent à la construction d’ensembles gigantesques, comme l’illustre en 1963 la barre de 400 mètres de long du quartier du Haut-du-Lièvre à Nancy, certainement une des plus longues de France (cet immeuble ne bénéficie pas d’une labellisation, il est cité à titre de comparaison). D’autres réalisations, à l’image de la cité Rotterdam construite à Strasbourg par Eugène Beaudoin en 1951, tentent de concilier la nécessaire réponse au besoin de logements avec un urbanisme ouvert et la conservation d’une échelle humaine.

En matière de construction cette fois, certaines réalisations explorent nettement le principe d’une
architecture technologique. Henri Prouvé, dans les pas de son frère, illustre en 1961 cette tendance au
Joffre - Saint-Thiébaut à Nancy qui se démarque alors par sa façade-rideaux entièrement métallique.
À la même époque, d’autres affirment la dimension plastique de leur architecture. L’église Sainte-Thérèse du Vert-Bois à Saint-Dizier, construite en 1962, en plein cœur d’une ville nouvelle, explore cette tendance. L’émotion plastique est tout aussi recherchée à un endroit moins habituel : l’échangeur autoroutier de la Croix de la Hardt près de Mulhouse édifié en 1977. Illustration du savoir-faire des ingénieurs des Ponts et Chaussées, il dépasse son simple caractère fonctionnel pour devenir une œuvre d’art dans le paysage.

Conclusion, par Jonathan Truillet, conservateur régional des Monuments historiques, Drac Grand Est.

Conservation régionale des Monuments historiques de la direction régionale des affaires culturelles Grand Est.

Textes et photographies : collectif

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