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Patrimoine industriel du Calvados – Pays d’Auge

Patrimoine industriel du Calvados – Pays d’Auge
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Février 2013
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
80 pages
184 images

Collection Images du patrimoine

ISBN : 9782362190551

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18,00 €

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En pays d'Auge, une industrie précoce liée à l'eau et aux moulins

Compris entre la vallée de la Dives à l’ouest et le département de l’Eure à l’est, bordé au nord par le rivage de la Manche, au sud par le département de l’Orne, le Pays d’Auge est sillonné par de nombreux cours d’eaux, précocement mis à profit pour animer les roues de moulins à tan (autour de Saint-Pierre-sur-Dives), à foulon (le long de l’Orbiquet), plus souvent à grains. L’emploi de moteurs hydrauliques performants a permis de mettre en mouvement les multiples machines des filatures, qui s’implantent densément à partir de la deuxième décennie du XIXe siècle.

L'industrie des villes : Lisieux, Livarot, Saint-Pierre-sur-Dives, Pont-l’Évêque...

Après 1850, la généralisation de l’énergie vapeur a autorisé la création de nombreuses usines en milieu urbain, notamment à Lisieux, Livarot, Saint-Pierre-sur-Dives et Pont-l’Évêque. Si les ressources hydrauliques se montrent abondantes, le sous-sol n’offre guère de variété. Seule l’argile est également répartie, en couches profondes. De longue date, son exploitation a donné lieu à la production de céramique utilitaire, architecturale et décorative.

Cidre et camemberts, les spécialités de Normandie !

L’élevage laitier et la culture du pommier ont conduit à l’implantation d’une importante industrie agro-alimentaire : laiteries et fromageries à partir des années 1880, autour de quelques grands noms (Lepetit, Lanquetot, Bisson…), cidreries et distilleries vers 1885. La présence de ports et l’ouverture sur la mer sont à l’origine, à cette même époque, de l’installation de scieries (Honfleur), d’industries chimiques (Ablon, Honfleur, La Rivière-Saint-Sauveur) et métallurgiques (Dives-sur-Mer).

Des cités ouvrières à la machine à vapeur...

Cent soixante-quinze établissements, en activité, reconvertis ou désaffectés, plusieurs logements patronaux et cités ouvrières témoignent aujourd’hui de l’histoire industrielle de ce territoire. Une cinquantaine d’entre eux sont présentés dans cette Image du Patrimoine, parmi lesquels des édifices emblématiques comme la briqueterie de Glos et son exceptionnel four Hoffmann ou l’usine Leroy de Livarot et sa machine à vapeur.

Fromagerie Graindorge

Les bâtiments de la fromagerie Graindorge, à Livarot, ont été inaugurés le 24 septembre 2004. Ils occupent l’emplacement de l’usine fondée en 1976 par Bernard Graindorge, détruite par un incendie en février 1999. Originaire du Pays d’Auge ornais, la famille Graindorge s’adonnait à la fin du XIXe siècle à la fabrication de livarots qu’elle vendait à des affineurs sur les marchés de Vimoutiers et de Livarot. Vers 1920, Eugène Graindorge aménage dans cette dernière ville des caves d’affinage. Cinquante ans plus tard, son fils Bernard rassemble à Livarot l’ensemble des activités et passe d’une fabrication artisanale à une production industrielle. En 1998, la confection de camemberts AOC vient s’ajouter à celle des livarots.

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Distillerie Boulard, le Moulin, Coquainvilliers

La distillerie de Coquainvilliers est établie vers 1930 sur le site d’un ancien moulin à grains transformé vers 1864 en moulin à foulon. Elle est exploitée depuis 1971 par la société des Calvados Boulard, fondée en 1825 à Yvetot (Seine-Maritime). Celle-ci procède à la transformation progressive des chais (capacité actuelle de 6 500 hl) et équipe la distillerie d’alambics à repasse. Les alambics à colonnes (société Geimdor, Agen) cessent d’être utilisés en 1996. L’alambic à repasse est composé de plusieurs éléments : une chaudière ou cucurbite (entreprise Prulho, Merpins), surmontée d’un chapiteau et d’un col de cygne, un chauffe-cidre reposant sur un support en brique et un réfrigérant, cuve en cuivre contenant un serpentin dans laquelle est établie une circulation d’eau. Les vapeurs d’alcool qui se dégagent lorsque le cidre est porté à ébullition dans la chaudière s’accumulent dans le chapiteau, s’engagent dans le col de cygne et traversent le chauffe-cidre.

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Briqueterie Lagrive, Glos

Pas moins de huit briqueteries sont attestées à Glos au XIXe siècle. Celle aménagée en 1898 en bordure de la route de Paris par Édouard Cacheleux, entrepreneur de travaux publics à Lisieux, est toujours en activité. Elle ne se composait que d’un simple four en plein air à cuisson temporaire, dit aussi four à la flamande ou à la volée. Celui-ci aurait notamment produit les briques qui serviront vers 1902 à la construction d’un four continu à feu mobile de type Hoffmann, plus performant. Des logements et un bâtiment abritant une machine à vapeur sont édifiés l’année suivante. Au lendemain de la Première Guerre mondiale, cette briqueterie est acquise par Louis Viévard, entrepreneur de maçonnerie au Havre. En 1932, sa veuve en confie la gestion à Albert Lagrive, contremaître dans une usine céramique à Épernay (Marne). Celui-ci substitue une étireuse et une filière aux presses à balancier alors utilisées pour le façonnage des briques et procède à la reconstruction du four Hoffmann. La briqueterie de Glos est toujours exploitée par cette même famille.

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Saint-Pierre-sur-Dives, Cibem

En 1993, la Cibem intègre le groupe SEEC (Société européenne d’emballage et de conditionnement). Leader dans la fabrication des boîtes de fromages en bois, assurant 60% du marché de l’emballage français, celui-ci a su mettre au point un procédé exclusif de fabrication d’emballages (barquettes, assiettes...) en bois de peuplier thermoformé. Après la fermeture de l’unité d’Azay-le-Rideau en 2004, la Cibem regroupe ses activités à Saint-Pierre-sur-Dives, une aide importante des collectivités (Région et Département) lui permettant d’investir une partie des anciens bâtiments de l’usine Isoroy, d’assurer la modernisation de l’équipement, de rationaliser le site d’exploitation et d’investir dans de nouveaux process (séchoir, dérouleuse, chaudière…). En 2010, les deux cent cinquante employés de l’usine pétruvienne assuraient la production quotidienne d’environ un million de boîtes.

Inventaire du patrimoine, Région Basse-Normandie

Par Yannick Lecherbonnier
Photographe : Manuel de Rugy

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