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Patrimoine industriel du Calvados

Patrimoine industriel du Calvados
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Novembre 2012
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
112 pages
268 images

Collection Images du patrimoine

ISBN : 9782362190568

Caen et son arrondissement

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22,00 €

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Une industrialisation favorisée par les ressources hydrauliques

Entre le Pays d’Auge et le Bessin, bordé au nord par la mer, au sud par le département de l’Orne, l’arrondissement de Caen se caractérise surtout par un paysage de plaines arrosées par un dense réseau de cours d’eau. Ces derniers ont favorisé, depuis le Moyen Âge, l’installation de moulins, puis à partir des années 1820, d’usines textiles, qui ont parfois conservé leur moteur hydraulique.

À l’instar de la Basse-Normandie, ce territoire connaît un développement industriel dans la deuxième moitié du XIXe siècle, grâce notamment à l’essor d’entreprises agro-alimentaires de fabrication de farine ou de transformation du lait.

Exploitation du sous-sol et construction mécanique

À la fin du siècle, le dynamisme industriel est soutenu par l’exploitation intensive des ressources géologiques de l’arrondissement : pierre calcaire (carrières d’Urville), argile (tuilerie d’Argence) et minerai de fer (mines de Saint-Rémy). L’extraction de ce dernier est complémentée par l’organisation d’une filière sidérurgique avec l’établissement de la Société métallurgique de Normandie à Colombelles. Après la Seconde Guerre mondiale, l’arrivée de nouvelles branches d’activités (construction mécanique : Renault Trucks Blainville-sur-Orne, teillage du lin : Villons-les-Buissons, Bourguébus…) symbolise l’essor des Trente Glorieuses.

Ces nombreuses et diverses activités industrielles ont ainsi modelé le paysage de l’arrondissement dévoilant ici la silhouette d’ateliers de fabrication, là celles de cheminées de brique ou de cités ouvrières.

Découverte d’usines et de savoir-faire

Sur les traces d’un patrimoine souvent ignoré, cette Image du Patrimoine vous convie à la découverte d’une cinquantaine de sites, tels que la Minoterie de Calix à Caen à l’architecture moderniste ou les ateliers de la filature-tissage du Pont-des-Vers au Mesnil-Villement. Une riche couverture photographique s’attache également à présenter et décrire plusieurs machines qui permettent d’appréhender des procédés de production, comme ceux du sucre ou du lin, témoignages de savoir-faire multiples.

Feuilleter

La biscuiterie Jeannette, Caen

La biscuiterie Jeannette (a) est l’une des plus anciennes entreprises encore actives à Caen. Située au cœur du quartier ouvrier de Sainte-Thérèse, elle s’inscrit dans la filiation de la Biscuiterie caennaise et de la Biscuiterie moderne du Calvados. Derrière la façade de ses bureaux, en gros moellons de calcaire avec bandeaux de brique, se développent le laboratoire et les ateliers de fabrication d’une usine quasiment cachée qui, épargnée par les bombardements de 1944, a pu conserver sa silhouette des années trente.

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La sucrerie Saint Louis Sucre, Cagny

La société des Sucreries et raffineries Bouchon et Pajot, propriétaire des établissements de Courseulles-sur-Mer (Calvados) et de Nassandres (Eure), souhaite en 1949 profiter du développement de la betterave sucrière. Le prix de revient de celle-ci incite en effet les agriculteurs à privilégier sa plantation. Antoine Bouchon, président-directeur de la Société anonyme sucrerie de Cagny créée à cette occasion, demande l’autorisation d’établir une nouvelle usine le 27 mars 1950. Cagny, commune du sud-est de Caen, lieu de passage de la voie ferrée et de la route nationale 13 reliant Caen à Paris, offre d’importantes facilités de transport des marchandises. En partie financé par les ressources du Plan Marshall pour la relance des industries françaises, l’établissement (a) est bâti en moins d’un an. Il compte des ateliers de fabrication, un atelier mécanique, des silos de stockage, des bureaux, une infirmerie et une cantine. En 1959, les Sociétés de Cagny, de Nassandres et la Société sucrière du Calvados à Courseulles-sur-Mer fusionnent, avant d’intégrer en 1968 la Générale sucrière, devenue en 1998 le groupe Saint Louis Sucre.

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La bonneterie Edwige Edward’s, Villers-Bocage

Marqué par une architecture des années soixante, avec son décor de mosaïque bleu en façade (a) et l’escalier du hall (b), le bâtiment d’accueil de la bonneterie Edwige Edward’s cache un atelier de fabrication en brique avec toiture en sheds. L’implantation de cette entreprise remonte à la Première Guerre mondiale, qui jette sur les routes de nombreux citoyens belges et habitants du Nord de la France. Parmi eux, la famille Philips, originaire de Messine (Belgique), trouve refuge à Villers-Bocage. En 1928, l'entrepreneur Arthur Philips y fonde une première usine de confection de chaussettes sur le boulevard Joffre. Dès 1932, secondé par ses fils Éric et Ferdinand, naturalisés français, il entreprend la construction d’un établissement plus grand, au 3 rue Émile Samson, et abandonne l’ancien atelier. L’usine emploie avant-guerre jusqu’à cent vingt-neuf personnes.

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Les Chantiers navals français – Renault Trucks,
Blainville-sur-Orne

La société des Chantiers navals français (CNF) implante en 1917 à Blainville-sur-Orne un site de construction, d’une superficie de près de 250 hectares. En avril 1918, le creusement de cales et d’un bassin à flot de 12 hectars est engagé, en même temps que la construction de plusieurs ateliers couvrant 50 000 m² et d’un quai d’armement (b) (carte postale, 1928, coll. part.).
Jusqu’à mille huit cents ouvriers construisent charbonniers, pétroliers et cargos, dont l’aménagement intérieur est conçu au sein d’un atelier de menuiserie. En 1922, le pétrolier Saint-Boniface, le plus gros d’Europe, illustre les capacités de production du chantier. Les CNF comptent parmi leur clientèle de nombreux armateurs comme la Navale caennaise ou la société Schiaffino, qui relie la France à l’Algérie. Les gouvernements français, grec ou polonais font également appel à eux pour la réalisation de plusieurs types de navires : sous-marins, torpilleurs, contre-torpilleurs.

Inventaire du patrimoine, Région Basse-Normandie

Par Stéphanie Dupont
Photographe : Manuel de Rugy

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