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Le Pays de Montbéliard

Le Pays de Montbéliard
Publié par: Editions Lieux Dits

Parution : Avril 2014
Couverture souple à rabats
Format : 24,3 x 29,7 cm
128 pages
330 images

Collection Images du patrimoine

ISBN : 9782362190971

et son patrimoine industriel

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25,00 €

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Le Pays de Montbéliard (Doubs), aux confins de la Franche-Comté, bordé par l’Alsace et la Suisse, est un territoire fortement modelé par l’industrie, aujourd’hui massivement tournée vers la construction automobile. Amorcée il y a 200 ans, l’industrialisation a fait la part belle au métal et ses multiples produits, stimulée par les innovations techniques mais aussi par les modes et les goûts.

Deux sociétés — Japy et Peugeot — y gagneront une renommée internationale en diversifiant leur fabrication : horlogerie, quincaillerie, outillage, accessoires domestiques (vaisselle émaillée, moulins à café, machines à coudre et à écrire), cycles, motocycles, automobiles, etc. En développant leurs usines, couronnées de cités ouvrières et d’équipements sociaux, ces deux entreprises ont largement contribué à l’urbanisation de ce territoire, tout en lui forgeant une identité forte.

Même si l’activité industrielle reste prédominante dans l’économie territoriale, le Pays de Montbéliard est confronté aux conséquences de la désindustrialisation. Aujourd’hui plus que jamais, les acteurs locaux — publics et privés — réfléchissent et travaillent à la requalification d’usines désaffectées.
Fondé sur l’inventaire exhaustif du patrimoine industriel — 100 usines et ateliers, 80 cités ouvrières, 20 logements patronaux et une vingtaine d’équipements sociaux —, le présent ouvrage en révèle, grâce à une illustration abondante, toute la diversité architecturale.

Introduction
Le pays de Montbéliard, une entité historique – Une industrialisation précoce – Mise en place des infrastructures – Des entrepreneurs innovants – De nouvelles concentrations ouvrières –
La carte industrielle au XIXe siècle – Le facteur énergétique –
L’influence de la Suisse – La métallurgie – L’industrie textile
du coton – L’industrie du bois – L’énergie hydroélectrique –
L’architecture industrielle – Le patrimoine industriel aujourd’hui

Un patrimoine en images

Le patrimoine Peugeot – p. 24

Le patrimoine Japy – p. 60

À la source de la réussite industrielle : le métal... – p. 80

L’industrie textile – p. 104

Morceaux choisis – p. 112

Annexes

Bibliographie – p. 126

Crédits photographiques – p. 128

La transformation des produits métallurgiques

Cependant, c’est bien la société Japy Frères qui domine le domaine dans la seconde moitié du XIXe siècle. Elle met en place un réseau commercial de représentants, de magasins et de dépôts, et élargit constamment ses productions pouvant être fabriquées en grande série : visserie, quincaillerie (rondelles, pitons, gonds, boucles de sellerie, etc.), articles de serrurerie (cadenas, serrures, targettes), outils et accessoires (vrilles, pinces, tournebroches, compas, tire-bouchons etc.), articles de lustrerie en bronze, en zinc ou en fonte (boîtiers de pendule, cendriers, encriers), pompes, moulins à café, ustensiles de cuisine et vaisselle étamée puis émaillée, etc. En 1865, on estime que les dix usines des sociétés Japy Frères et Cie et Louis Japy et Fils (huit dans le Doubs et deux dans le Haut-Rhin) emploient plus de 4 000 personnes.

Même si les entreprises Japy et Peugeot prennent à la fin du XIXe siècle des orientations différentes et occupent des secteurs non concurrentiels, l’une comme l’autre continuent de décliner les utilisations du métal dans des produits de plus en plus complexes et spécialisés, en un domaine communément qualifié « construction mécanique et électrique ».

Au début des années 1880, les Fils de Peugeot Frères se lancent dans la fabrication de vélocipèdes (grands bis, bicyclettes à chaîne et tricycles), pour lesquels ils aménagent dans leur usine de Beaulieu de nouveaux ateliers : tréfilerie, forge, ajustage et montage, ateliers de polissage, de nickelage et de vernissage. C’est également sur ce site qu’est montée, en 1890, la première automobile « quadricycle », équipée d’un moteur à pétrole Daimler. En 1896, Armand Peugeot, confiant dans l’avenir de ce produit nouveau, crée la société anonyme des Automobiles Peugeot, et inaugure l’année suivante à Audincourt la première usine française spécifiquement dédiée à la fabrication des automobiles. En 1910, devant les perspectives qu’ouvre ce marché très prometteur, les dirigeants de la nouvelle société anonyme des Automobiles et Cycles Peugeot achètent des terrains dans la plaine située entre Sochaux et Montbéliard et ouvrent en 1912 une vaste usine, conçue pour la fabrication en série de véhicules motorisés.

Le patrimoine Peugeot Sochaux-Montbéliard – Usine de construction automobile

Haut de cinq étages et couvert de voûtes segmentaires, ce bâtiment en béton armé construit vers 1930 a été spécialement conçu pour le stockage des 201 (d). Il est actuellement désaffecté, ainsi que les bâtiments le jouxtant. Après une longue phase d’expansion, le site connaît à partir de 2007 un recentrage de ses activités, avec une réduction des surfaces dédiées à la production et l’abandon de certains ateliers ou la disparition d’autres, telle la fonderie, arrêtée en 2003, à laquelle a succédé un parc de stationnement.

Les formes de toitures (shed, longs pans, toit-terrasse) et les couvertures (tuile mécanique, tôle ou revêtement synthétique) des ateliers nord rappellent les phases successives de construction de l’usine (e). Pris depuis le haut du « Building Centre », ce cliché montre la perspective de l’atelier de ferrage (au premier plan), la centrale thermique (à droite) et les récents ateliers de peinture et de montage (au second plan) (f).

Siège de la direction, le « Building Centre » domine le bâtiment des Grands Bureaux dont l’aile ouest, quoique modifiée, est contemporaine de l’usine de 1912. L’atelier de ferrage, consacré au soudage des pièces d’acier formant la caisse en blanc, est coiffé de sheds couverts de matériaux synthétiques. Barré par un convoyeur (au premier plan), il déploie ses travées sur une longueur d’un kilomètre (c). À l’origine de cet atelier, la carrosserie fondée en 1926 subit quinze agrandissements successifs jusqu’en 1974. Également appelé « usine terminale », ce bâtiment voit le lancement de 22 modèles de véhicule, avant qu’y soit abandonné en 2000 l’opération du montage. Très répandu dans la seconde moitié du XXe siècle pour ses qualités techniques, le béton n’est pas le seul matériau utilisé. Pourvu d’une ossature métallique et partiellement bardé de tôle, ce haut atelier en brique aurait été construit entre 1951 et 1962 (b).

Inventaire du patrimoine, Franche-Comté

Par Raphaël Favereaux
Photographe : Jérôme Mongreville

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