L’École d’optique de Morez

5,00

Lycée Victor Bérard

Morez capitale de la lunette

Ce titre résume l’évolution d’une communauté née de l’industrie au 15e siècle et spécialisée dans le travail du métal. Diffusant dans le monde entier leurs horloges monumentales, leurs « comtoises » et leurs lunettes, les Moréziens font au 19e siècle de leur cité la première ville industrielle du département.

Une ville qui défend ses emplois : lorsque l’horlogerie connaît des difficultés dans la seconde moitié du 19e siècle, la municipalité n’hésite pas à ouvrir sa propre école professionnelle. Elle obtient en 1925 la nationalisation de son école pratique de commerce et d’industrie, dont la filière optique-lunetterie connaît un recrutement national.

Un bâtiment Art déco pour l’école professionnelle d’optique

En 1933 sont inaugurés les vastes bâtiments de la nouvelle École nationale d’optique. De style Art déco, en béton armé, ils sont l’œuvre de l’architecte Paul Guadet et abritent toujours l’établissement – devenu lycée polyvalent Victor Bérard – qui a conservé sa spécialisation en optique-lunetterie, concourant ainsi au renom de la ville.

En Franche-Comté, architecture et enseignement technique autour de l’architecte Paul Guadet

La Région Franche-Comté conduit une démarche d’inventaire du patrimoine scolaire bâti et mobilier de ses lycées, menée conjointement à un programme ambitieux de restructuration et de rénovation des lieux.

Cette étude a permis de mettre en lumière l’importance particulière des lycées techniques pour la Franche-Comté, l’une des premières régions françaises pour la part de l’emploi industriel.
Elle est à l’origine d’un colloque traitant des liens entre architecture, enseignement technique et industrie, qui se tiendra en avril 2013.

La présente publication, issue des travaux du service Inventaire et Patrimoine, participe en outre des manifestations du 150e anniversaire de l’École nationale d’horlogerie de Besançon et des 80 ans des locaux édifiés par Paul Guadet, tant à Besançon qu’à Morez. Ces manifestations se concluront à l’automne 2013 par une exposition organisée par chacun des musées du Temps et de la Lunette.

Inventaire du patrimoine, Région Franche-Comté

Par Laurent Poupard
avec la collaboration de Georges Bichet, Jean-Claude Boivin, Vincent Cholley, Jean Davoigneau, Bruno Della Santa, Philippe Legain, François Pailler, Isabelle Pinel et Stéphane Romanet


Photographe : 
Yves Sancey
avec la collaboration de Jérôme Mongreville

Jules Monneret, l’un de ses professeurs, en est nommé directeur le 1er octobre 1904. Il ouvre une section de lunetterie, dont il prend en charge l’enseignement théorique. La formation concerne alors, outre la lunetterie : la moyenne et la grosse horlogerie, la petite mécanique « appliquée surtout à la construction de l’outillage », la menuiserie et l’ébénisterie. Avec la création d’une section commerciale en 1907, l’établissement devient école pratique de commerce et d’industrie, transformation soutenue par le conseil municipal dans sa délibération du 31 mai : « l’inspecteur général des Écoles pratiques s’est montré favorable à cette création qui rendrait les plus grands services à nos petits fabricants qui tous sont commerçants et font des affaires avec toutes les parties du monde. »
(…)
Les travaux du gros œuvre, adjugés à l’entreprise parisienne Georget et Cormier, débutent courant 1929 par l’internat, situé en haut de la pente, et vont se poursuivre en descendant celle-ci jusqu’à l’entrée sur le quai Lamy. Les fondations de l’internat sont terminées à la mi-décembre, celles de l’économat et de la galerie en mai 1930 ; celles de l’externat débutent à la fin de cette même année 1930…
Les courriers échangés par l’architecte et le directeur rendent compte de la complexité d’un programme qui ne cesse d’évoluer et des compromis que chacun doit faire, de la difficulté d’un chantier qui doit compter avec plus de 40 m de dénivelé, des conditions météorologiques exécrables, des oublis… Voire de péripéties telle la défection des ouvriers de Georget et Cormier : « Il ne leur a pas été possible de conserver la plus grande majorité des ouvriers embauchés sur place en raison des prix de salaires exagérés demandés par ces derniers. »
(…)
Ces objets donnent lieu à un inventaire à la Prévert : un œil artificiel, une boîte de lentilles et prismes, une maquette matérialisant le cheminement d’un rayon lumineux dans les jumelles militaires Zeiss, un banc d’optique, des jumelles, microscopes, goniomètres, un saccharimètre à pénombre, un spectroscope à prisme, un photomètre, des miroirs de Fresnel, etc. À ces instruments de démonstration et de mesure, on peut ajouter toute une collection d’appareils photographiques, de caméras et de projecteurs… Utilisés pour leur fonction première mais aussi comme illustration de l’application des lois de l’optique, ils sont parfois démontés – pour en étudier la conception et la fabrication – ou servent de stock de pièces détachées aux élèves qui doivent fabriquer lunettes, collimateurs, etc.

Parution : Février 2013
Couverture souple à rabats
Format : 11 x 22,5 cm
48 pages
60 images

Collection Parcours du patrimoine

Informations complémentaires

Poids 0.30864716705883 kg